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Zorobabel et Yeshoua dirigent le retour à Jérusalem des Judéens volontaires (149)

Zorobabel présente à l'empereur Cyrus le plan du Temple de Jérusalem Peinture de Jacob Van Loo

Zorobabel présente à l’empereur Cyrus le plan du Temple de Jérusalem Peinture de Jacob Van Loo

Forts de l’autorisation officielle de Cyrus, roi de Perse et même roi des rois, enrichis des dons communautaires et des subsides gouvernementaux, les candidats judéens préparent leur retour à la mère patrie. Des mesures furent prises pour organiser le départ, comme le souligne l’historien Heinrich Graetz* : « Douze hommes, représentant les douze tribus, se chargèrent de lever les obstacles. A leur tête deux chefs, également appelés par leur naissance à les commander, l’un, Zorobabel, fils de Schaltiel, fils lui-même de Jébonias, rejeton par conséquent de la race de David (il porte le titre de Peha (Pacha) un titre de gouverneur de province, explique l’historien français André Neher*), (l’autre, Yeschoua, fils de Yehozadak et petit-fils du dernier grand prêtre Séraya (exécuté par Nabuchodonosr à Ribla NDLR).
Graetz poursuit : « Le premier reçut de Cyrus le titre de satrape (Pechah) des territoires qu’allaient réoccuper les Judéens. C’était une dignité presque royale. A ces douze hommes se présentèrent tous les volontaires pour retourner dans leur patrie (…) : 42.360 personnes, hommes, femmes et enfants, ceux-ci comptés dès l’âge de douze ans, se disposèrent au départ. En majeure partie, des Judaïtes et des Benjamites, puis des Aaronides partagés en quatre groupes, enfin une petite phalange de Lévites, auxquels s’adjoignirent d’autres tribus et des peuplades converties au Dieu d’Israël. Au moment où ils se mirent en route pour Jérusalem et pour la liberté, un psalmiste les exhorta à descendre en eux-mêmes et à s’assurer qu’ils méritaient vraiment ce bonheur : ceux-là seuls qui en étaient dignes et qui cherchaient Dieu devaient se réunir au lieu saint. (…) Le retour de Babylone va se dérouler sur plusieurs années (537-459). Les Judéens quittent la Babylonie, laissant les frères fortunés sur place. Au printemps (…) de l’an 537, dans le même mois où les ancêtres, huit ou neuf siècles auparavant, étaient sortis d’Égypte, les petits-fils quittèrent la Babylonie après un exil de quarante-neuf ans, pour reprendre possession de la patrie (…) Les Judéens restés en Babylonie leur prodiguèrent les offrandes destinées à faciliter leur établissement. Le roi Cyrus leur donna une escorte de mille cavaliers pour les protéger contre les attaques des peuplades vivant de rapine, et porter aux tribus installées sur le sol de la Judée l’ordre de céder la place à ses maîtres légitimes.(…) »
Le nom de Zorobabel apparaît selon Jewish Encyclopedia**, « d’abord comme le fils de Schealthiel (Ezra iii. 2, 8 ; Aggée i. 1 ; « Phadaïa » dans Chroniques I, iii. 19) et probablement suite à une erreur de scribe comme petit-fils de Jojakim. Le nom vient soit de l’hébreu (« engendré [en] Babylon »), soit de l’Assyro-babylonien « Pierre-Babel » (« graine ou descendant de Babylone »). Certains historiens se demandent dans Jewish Encyclopedia « si Zorobabel et Scheschbatsar, « le prince de Juda » et chef de la bande de des premiers exilés de retour à Jérusalem de Babylone sous Cyrus (Ezra i. 8) ne sont pas une seule et même personne. Ezra en fait le chef de la communauté des exilés retournés (Ezra iv. 2), associé à ce titre au chef des sacrificateurs Jeshua (Josué) dans l’administration générale et que le titre même du gouverneur (« peḥah ») de Juda lui est donné par le prophète Aggée (i. 1; ii. 2, 21) alors que Ezra l’attribue à Scheschbatsar (v. 14) (…) » L’historien français André Neher* reprend cette remarque : « Certains historiens ont cru que ces deux noms désignaient des personnes différentes mais leurs fonctions auraient été tellement identiques qu’il n’est pas possible que ce soit là deux hommes différents. » Alors pourquoi deux noms différents pour une seule et même personne ? « Il était assez fréquent de donner à côté de leur nom hébreu un nom babylonien aux juifs nantis de fonctions publiques » (Neher).
En tout état de cause, Zorobabel a été gouverneur de Juda dans la deuxième année de Darius Hystaspis (520 avant JC ; Aggée i. 1, 14 ; II. 2). « Selon le récit d’Ezra (iii.-iv. 5), Zorobabel et Jeshua ont érigé un autel pour les offrandes consumées au septième mois, indique Jewish Encyclopedia, ils ont aussi offert le matin et le soir des sacrifices et assuré la fête des Tabernacles. Au deuxième mois de la deuxième année du retour, ils ont jeté les bases du Temple, mais l’opposition des « adversaires de Juda et de Benjamin » (des descendants de Juifs qui n’étaient pas allés à l’exil) ou des intrus hostiles au retour des exilés ont provoqué un retard de dix-sept ans dans la reconstruction du Temple. Mais les prophètes Aggée et Zacharie élèvent leur voix et le travail reprend dans la deuxième année de Darius (520 avant JC). De nouveaux obstacles se font jour suite aux soupçons de Tatnai, « gouverneur au-delà de la rivière » (R. V.), et de son appel lancé à Darius, qui conduit le souverain perse à promulguer un décret autorisant l’achèvement des travaux. Le Temple était fini et consacré quatre ans plus tard (Ezra v.-vi.). (…) Ezra évoque par ailleurs (I iv 13-63), suivi en cela par Flavius Josèphe (Antiquités juives) une légende selon laquelle Zorobabel aurait été membre des gardes du corps de Darius Hystaspis qui lui donna permission d’aller à Jérusalem et de reconstruire le Temple. »
Il reste qu’après cette inauguration du 2ème Temple, « il n’existe pas de récit sur la période suivante, indique Encyclopedia Judaica ((515-486 avant JC). Les sources sont silencieuses sur les trente années du règne de Darius. Une simple phrase indique qu’au commencement du règne du roi Assuérus (Xerxes), dans l’année de son accession au pouvoir, une accusation fut portée contre les habitants de Juda et Jérusalem (Ezra 4 :6), car l’Egypte s’était rebellée contre la Perse la veille de la mort de Darius et cette rébellion fut matée par Xerxes. (…) Judah était suspecté d’être de mèche avec la rébellion égyptienne. Les sources historiques demeurent silencieuses pendant une période de trente ans. A la septième année de règne de d’Artaxerxes I (458), Ezra fut officiellement autorisé par le roi à enquêter sur la situation à Jérusalem et Judah. »
*Histoire biblique du peuple d’Israël, André et Renée Neher, Adrien Maisonneuve Editeur, 1996
**Heinrich Graetz, Histoire des Juifs, 1874-76
***Traduction libre à partir d’un article tiré de Jewish Encyclopedia et accessible à l’adresse  http://www.jewishencyclopedia.com/articles/15251-zerubbabel  Jewish Encyclopedia est éditée par l’Institut de Théologie de Philadelphie, USA, créé en 1906