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En déficit financier, le royaume de Salomon subit sur le tard des agressions (69)

Le logo du site histoirejuive.fr, dédié à l'histoire antique et moderne du peuple juif

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Le roi Salomon n’ayant pas respecté la parole divine et ayant sombré, sous l’influence de ses femmes, dans l’idolâtrie, il voit surgir trois ennemis au moment, où il est vieilli et affaibli. L’un, ennemi intérieur est Jéroboam et les deux autres, ennemis sur ses frontières extérieures, au nord et au sud, contre lesquels il réagit cependant avec mollesse, n’étant pas comme son père David, un guerrier. Ainsi apparaissent au sud et au nord, deux puissances que l’Etat d’Israël affaibli devra affronter.
– La révolte de Jéroboam : La pression fiscale, la corvée civile et le faste salomonien suscitent un mécontentement. L’historien allemand Graetz* écrit : « Parmi les fonctionnaires de Salomon, préposés à l’inspection des bâtiments, se trouvait un Éphraïmite d’une rare intelligence, d’un grand courage, d’une ambition plus grande encore. C’était Jéroboam, fils de Nebat, originaire de la petite ville de Saréda, près du Jourdain. Sa mère était veuve. Affranchi de bonne heure de la sévérité paternelle, son caractère put se développer sans gêne ni contrainte. Jéroboam avait dirigé le travail des murs de Jérusalem avec beaucoup d’habileté et de vigueur, et Salomon fut si satisfait de ses services, qu’il lui confia une tâche plus importante encore sur les territoires d’Éphraïm et de Manassé. Là, Jéroboam eut l’occasion d’entendre les plaintes du peuple sur les charges imposées par Salomon, plaintes qui, chez les Éphraïmites, toujours mécontents, étaient sans doute plus accentuées que partout ailleurs. Cette désaffection, qui servait si bien ses projets ambitieux, il songeait à en tirer parti et n’attendait pour cela qu’une occasion opportune. L’occasion s’offrit à lui. Salomon commit la faute de tolérer des lieux de sacrifice pour les divinités païennes. Soit que ses femmes étrangères eussent arraché cette concession à sa vieillesse, soit que les Phéniciens et autres peuplades séjournant à Jérusalem eussent obtenu de lui la permission d’avoir leurs divinités à leur manière dans le pays d’Israël, on vit s’élever sur le mont des Oliviers, à sa haute cime qui regarde le nord, des sanctuaires idolâtres en l’honneur de l’Astarté des Sidoniens et de mainte autre divinité. L’âme du peuple n’était pas encore assez ferme dans sa foi, pour que l’exemple de la corruption religieuse ne pût le faire retomber dans ses vieilles erreurs. Un prophète — peut-être Achia de Silo — eut le courage de reprocher au roi cette indifférence, et de lui déclarer qu’une telle conduite pourrait bien lui coûter son trône.
Mais Salomon semble avoir été médiocrement impressionné par cette menace. Indigné de cette apathie, le prophète Achia s’en alla trouver Jéroboam, dont il avait pénétré sans doute les desseins ambitieux. Comme Jéroboam, un jour, sortait de Jérusalem, le prophète s’avança vers lui, saisit son manteau qu’il déchira en douze parts, et lui en donna dix en lui disant : Prends ces dix morceaux, ils représentent les dix tribus qui se détacheront du sceptre de la maison de David, et c’est toi qui régneras sur elles. Il n’en fallait pas davantage à Jéroboam pour donner suite à ses projets hardis : un prophète ne les avait-il pas sanctionnés de son approbation ? Sans tarder, il court au territoire d’Éphraïm et excite les habitants à secouer le joug de la maison de David. Mais Salomon, entre temps, avait été instruit de ses menées, et, avant que la révolte eût pu faire des progrès, il envoya ses gardes mettre à mort le factieux. Celui-ci put s’échapper par des détours et se réfugia en Égypte. »
– Les révoltes de ses voisins du nord et du sud : Selon Wikipedia, au nord, Rezon le syrien était un ennemi du Roi Salomon et il est mentionné dans le livre Rois I. Fils d’Eliada, il avait déjà déserté Hadadézer ,roi de Tsoba, quand ses hommes se rassemblèrent dans la cité Etat de Damas et sont venus à l’aide de Hadadézer. Après la mort de Hadadézer, Rezon devint roi de Damas et, comme Hadad l’Édomite, commence à provoquer les frontières nord d’Israël . Au sud, Hadad, issue de la famille royale édomite, s’était échappé en Egypte tu temps de la campagne militaire du roi David. Là il se marie à la fille de Pharaon. Il veut reprendre l’avantage sur le roi Salomon et engage un mouvement de résistance contre lui. « Une dynastie nouvelle occupait alors le trône de ce dernier pays, indique l’historien Graetz*, dans la personne de Scheschenk (le Schischak de l’Écriture). Sous ce dernier roi cessa l’alliance étroite qui avait existé jusqu’alors entre Israël et l’Égypte, grâce au mariage de Salomon avec une princesse de ce pays. Scheschenk nourrissait bien plutôt des pensées hostiles contre l’État israélite, devenu trop puissant à son gré. Aussi accueillit-il amicalement le rebelle Jéroboam, qui avait cherché asile auprès de lui, et dont il comptait se faire un instrument contre Salomon. Il accorda pareillement bon accueil et protection à Hadad.» Et plus loin : « Hadad et la troupe recrutée par lui, arrivés sur le sol iduméen, firent beaucoup de mal aux caravanes de Salomon, qui transportaient les marchandises du golfe d’Ailat aux frontières israélites et réciproquement, et les guerriers de Salomon étaient incapables de leur tenir tête. »

* Histoire des Juifs d’Heinrich Graetz, 1874-76

Mise en ligne : 10 septembre 2014- Version 1- Israël Antique Salomon 4-69