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Un fonctionnaire, Jéroboam, met en cause la politique du roi Salomon (73)

 

Un prophète Ahijah rencontre le jeune fonctionnaire Jéroboam et lui prédit qu'il prendra le pouvoir

Un prophète Ahya rencontre le jeune fonctionnaire Jéroboam et lui annonce que Dieu lui donnera le royaume

Jéroboam, un jeune ouvrier orphelin, est élevé par ses mérites personnels aux fonctions de surveillant général des corvées, donc fonctionnaire. Là, il devint ensuite gouverneur de la province de Joseph et chef de travaux du Palais de Millo. Il constate les injustices sociales criantes du régime et se fait l’interprète auprès du roi de la misère des masses. Mais il le fait publiquement, humiliant ainsi le souverain qui le révoque et devant sa fuite, le condamne à mort. [frax09alpha]
Jéroboam sort seul de Jérusalem et rencontre par hasard le prophète Ahya de Shilo, un opposant à la dérive idolâtre de la royauté. Le prophète, qui se saisit de son manteau neuf, le déchire en douze morceaux. Il lui en donne dix et lui annonce que Dieu veut lui donner le royaume : « Tu règneras sur tout ce que ton coeur désire ». (Rois 1, 11 -37). Dieu rappelle à Jéroboam la place que Jérusalem garde dans son cœur et lui précise ses raisons : Israël a abandonné l’Eternel et sert des idoles (Rois 1,1 -33). Il lui promet de lui bâtir une maison stable, comme celle de David, s’il écoute tout ce qu’il lui commande (Rois 1, 11- 38). Le prophète Ahya désigne Jéroboam comme roi d’Israël à l’étonnement du personnage qui, du coup, se sent pousser des ailes d’ambition. Mais déjà, il s’enfuit en Egypte car, devenu despote, le roi Salomon le condamne à mort par contumace. Dès lors, se font face d’une part, la classe des nantis et de l’appareil gouvernemental et d’autre part, les masses populaires « autour d’un prophète courageux et d’un révolutionnaire en exil. » selon la formule de Graetz. Le nom de Jéroboam signifie, nous indique Alex Israël « il combattra pour le peuple » et celui de Roboam veut dire « large nation », comme une parole ironique taquinant les années d’expansion du règne salomonien.
A la mort de Salomon, il n’y a pas de guerre de succession, à l’inverse de la fin de David. Mais pour autant, Roboam n’est pas le portrait craché de son père, comme l’indique l’historien Heinrich Graetz* : « Comme tous les fils de roi nés dans la pourpre et dénués de qualités éminentes, c’était un esprit à la fois borné et présomptueux ; avec cela si inconsistant qu’il n’était pas capable de se conseiller lui-même. Nulle qualité guerrière, nulle grandeur dans les idées. Il ne voyait dans le trône qu’une perspective de puissance, de douce oisiveté, de jouissances matérielles. (…) Un ennemi se rencontre inopinément, qui lui ravit puissance, repos, charmes de la vie, et qui déchira l’État israélite d’une plaie à jamais incurable. »

* Histoire des Juifs d’Heinrich Graetz, 1874-76
Mise en ligne : 7 septembre 2014- Version 1- Israël Antique – Le schisme 5-73