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Trahi par le roi de Juda Sédécias, Nabuchodonosor assiège Jérusalem, l’affame puis la détruit (129)

La destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor, Tableau Chronicle de Nuremberg Michel Wolgemut

La destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor, Tableau Chronicle de Nuremberg Michel Wolgemut

Nabuchodonosor fait tuer les fils de Sédécias, roi de Judée devant leur père Gravure de Gustave Doré

Nabuchodonosor fait tuer les fils de Sédécias, roi de Judée devant leur père  Gravure de Gustave Doré

Sédécias ou Zedekiah (1) fut le dernier roi de Juda avant sa destruction. Il était le frère de Joachaz (Rois II xxiii. 31, xxiv. 18) et le plus jeune fils de Josias. Selon Jewish Encyclopedia, « le roi Nabuchodonosor amena l’armée babylonienne contre Jérusalem mais il n’avait pas encore installé un siège que l’allié égyptien de Juda apparut au sud-ouest. Les Babyloniens levèrent en hâte le siège et infligèrent à l’armée d’Hophra un coup tel qu’elle se retira sur la terre du Nil. Le siège de Jérusalem reprit ensuite tandis que la famine gagne les défenseurs. »[frax09alpha]

Sédécias revit alors les mêmes affres que ses prédécesseurs. « La position de Sédécias devint précaire par le fait qu’il était en réalité un régent et non pas le roi, nous explique israélien Hillel Haim Ben-Sasson dans a history of the jewish people*. Bien qu’en exil, Jehoiachin (seul roi légitime) bénéficia d’un traitement de faveur dans la mesure où il fut autorisé à superviser la gestion de ses biens immobiliers par des représentants en Judée et où il était alimenté directement, lui et ses cinq fils dans les magasins royaux. Un traitement qui ne lui était pas propre et dont bénéficiaient par ailleurs les rois exilés d’Ashkelon, d’Ashdod, et de Gaza ainsi que les artisans d’Egypte, de Tyr, de Lydie, et d’origine grecque ».

Selon l’historien allemand Heinrich Graetz, « l’armée chaldéenne parut devant Jérusalem, le 10 ème jour du 10 ème mois (fin 588 ou commencement de 587). La capitale avait eu le temps de se fortifier et sans doute aussi de s’approvisionner pour un long siège. (…) Sédécias fut sommé de se rendre, ses courtisans répondirent par un refus. Nabuchodonosor lança donc l’offensive (…) Il faut que, de son côté, Jérusalem se soit vigoureusement défendue, car, à part un moment d’interruption, le blocus dura près d’un an et demi (de janvier 587 à juin 586). Le commandement général était aux mains d’un eunuque du palais ; quant au roi lui-même, il ne joua qu’un rôle passif et n’intervint ni dans le maniement des troupes, ni dans la conduite des opérations. Son indécision et sa faiblesse apparurent ainsi dans tout leur jour. Si le cours des choses en Juda et à Jérusalem avait ressemblé, depuis l’avènement de Jéchonias, à une bouffonnerie confuse et désordonnée, la farce venait tout d’un coup de se changer en une tragédie sanglante, et ce drame lugubre de la ruine d’une nation eut pour entracte les souffrances du prophète Jérémie. »

« Ce fut sous son influence, alors très forte, que les grands et les riches affranchirent leurs esclaves israélites et qu’un édit royal imposa la même mesure aux nobles. Aux calamités de la guerre vint s’ajouter la famine. Le nombre des hommes valides alla chaque jour en diminuant. Bientôt il en resta si peu, qu’ils ne furent plus en état de défendre les remparts. Enfin l’heure suprême arriva. Le 9 Tammouz (juin 586) le pain fit absolument défaut et les Chaldéens, grâce au complet épuisement des assiégés, réussirent à faire une brèche, par où ils pénétrèrent dans la place. (…)
Hillel Haim Ben-Sasson explique dans sa monumentale history of the jewish people*, qu’« en 589, le pharaon mourut et lui succéda Apries (le biblique Hophra) et Nabuchodonosor sentit que c’était le moment opportun d’envahir Juda. La date exacte du siège de Jérusalem et de sa chute fait encore l’objet de débats, es opinions étant divisées entre deux ou trois séries de dates. La confusion est liée à l’incertitude quant au propre mode de compter les années de règne à Juda. L’année de règne débute soit au printemps au mois hébraïque de Nisan (le premier mois) ou à l’automne au mois de Tichri, le septième mois. Les mois sont comptés à partir du printemps. Si l’année de règne démarre bien au printemps, alors le siège a commencé au milieu de l’hiver de 587, 9ème année de règne de Sédécias et 17ème année de règne de Nabuchodonosor (…) La situation désespérée de la ville est illustrée dans les prophéties du prophète Jérémie et dans la libération générale des esclaves par leurs maîtres pendant le siège (car il fallait utiliser cette force pour combattre NDLR). (Ironiquement, quand l’armée babylonienne rencontra les forces de Hophra, ces esclaves libérés furent aussitôt ré-capturés. (…) Il est tout à fait possible que les villes situées au nord de Jérusalem (la zone de Benjamin) aient capitulé devant les Babyloniens ce qui leur permit de ne pas être déportées. »
Selon Jewish Encyclopedia, « après un investissement d’un an et demi, l’armée fit son entrée dans la ville. Sédécias et son armée s’enfuirent de la ville par une brèche. Tous les gens de guerre s’enfuirent de nuit par le chemin de la porte entre les deux murs près du jardin du roi, pendant que les Chaldéens environnaient la ville. Les fuyards prirent le chemin de la plaine. Mais l’armée des Chaldéens poursuivit le roi et l’atteignit dans les plaines de Jéricho, et toute son armée se dispersa loin de lui. (Rois II 25,5). Toutes les maisons de Jérusalem sont brûlées. Il brûla la maison de l’Eternel, la maison du roi, et toutes les maisons de Jérusalem; il livra au feu toutes les maisons de quelque importance (Jérémie 52,13). Le mur de la ville est détruit. Toute l’armée des Chaldéens, qui était avec le chef des gardes, démolit les murailles formant l’enceinte de Jérusalem (Jérémie 52,1). »
Sédécias fit ce qui est mal aux yeux de l’Eternel et manifesta de la désinvolture à l’égard de Jérémie, le prophète, qui lui parlait de l’Eternel (Chroniques II 36,12). « Dès lors, à l’époque, tous les chefs des Lévites et le peuple multiplièrent aussi les transgressions, … et profanèrent la maison de l’Eternel (Chroniques II 36,16). L’Eternel voulait épargner son peuple mais ils se moquèrent des envoyés de Dieu, ils méprisèrent ses paroles, ils se raillèrent de ses prophètes, … (Chroniques II 36,16) Sédécias et son escorte s’échappèrent par une porte dérobée et s’enfuirent vers la Jordanie ; mais les Babyloniens les surprirent dans les plaines de Jéricho et Sédécias fut emmené en captivité pour le roi de Babylone, dont le siège était à Ribla. Là les fils de Sédécias, héritiers du trône, ont été tués en sa présence, lui eut les yeux crevés et il f ut mis aux fers et pris à Babylone comme un prisonnier rebelle. ».

On pourrait juger le procédé cruel pour un roi mais Hillel Haim Ben-Sasson dans a history of the jewish people* nous apprend que « c’était là la punition légale pour la violation par un vassal d’un engagement. » Le Temple et le palais royal furent incendiés, les murs de la ville furent détruits, les trésors de la ville furent pillés.
*Hillel Haim Ben-Sasson, A history of the jewish people, Harvard Business Press, 1994

** Heinrich Gretz, Histoire des Juifs, 1874-76

***Traduction libre à partir d’un article paru dans Jewish Encyclopedia à l’adresse  http://www.jewishencyclopedia.com/articles/11407-nebuchadnezzar

 

Mise en ligne : 6 octobre 2014- Version 1- Israël Antique-Exil 6-129