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Salomon, virtuose de la parabole et de l’énigme (62)

Le roi Salomon était-il, en plus d’être le souverain d’un pays au centre du Moyen-Orient, un être super-doué, une sorte de génie que le monde entier enviait à Israël ? Arthur Weil dans son Histoire Sainte Illustrée*, écrit que « l’Eternel avait en effet doué ce prince de tant de sagesse et d’intelligence qu’il surpassa tous les sages de l’Orient et de l’Egypte et que son nom retentit chez tous les peuples voisins. Il composa trois mille paraboles et mille cinq cantiques; il discourut sur les végétaux depuis le cèdre du Liban jusqu’à l’hysope qui rampe sur la muraille; il traita de même des quadrupèdes, des oiseaux, des reptiles et des poissons. »[frax09alpha]
Au-delà de ces qualités, Salomon en aurait possédé d’autres encore. Il était aussi un prince de la parabole et perceur d’énigmes. Selon l’historien allemand Heinrich Graetz**, « On exalte aussi la sagesse de Salomon sous un autre aspect, celui de la poésie. Sa poésie revêt, en premier lieu, la forme de l’apologue (« Mashal » en hébreu). Il y introduisit comme acteurs le cèdre élevé et l’humble hysope, symboles respectifs des grands et des petits ; les quadrupèdes, les oiseaux de haut vol et les reptiles infimes, voire les poissons muets. Chaque fable avait probablement pour conclusion une maxime instructive. On raconte, non sans exagération, qu’il composa trois mille fables, plus cinq mille chants ou préceptes moraux. Ce n’est pas Salomon, du reste, qui est le créateur de la fable; longtemps avant lui, ce genre de poésie était cultivé chez les Israélites. Jotham, fils du juge Gédéon, avait, du haut du mont Guézirim, raconté au peuple de Sichem un ingénieux apologue pour lui faire sentir son aveuglement. Le prophète Nathan, lorsqu’il incrimina David après sa relation coupable avec Bethsabée, donna à sa censure le vêtement de la parabole. Mais si Salomon n’a pas inventé ce genre, il n’en a pas moins le mérite d’avoir employé à le perfectionner les loisirs que lui laissaient les affaires de l’État. Son génie se manifesta encore sous une autre forme, consistant à parler à mots couverts de certains sujets plus ou moins graves, qu’on désignait vaguement par certains traits et qu’il s’agissait ensuite de deviner. Ces énigmes, jetées dans un moule poétique, étaient des jeux d’esprit qui frappaient agréablement les auditeurs. C’était l’usage, en ce temps-là, d’égayer les banquets, les repas de fête, par cet exercice d’énigmes qu’on s’ingéniait à proposer et à résoudre. Des rois même ne dédaignaient pas cette récréation de l’esprit. On voit que Salomon était heureusement doué. »

*Arthur Weil, Histoire Sainte illustrée, Bâle, 1969*
** Histoire des Juifs d’Heinrich Graetz, 1874-76

Mise en ligne : 10 septembre 2014- Version 1- Israël Antique Salomon 4-62