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Nabuchodonosor nomme Ghedalia comme chef des prisonniers puis comme gouverneur de Judée (131)

La destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor, Tableau Chronicle de Nuremberg Michel Wolgemut

La destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor,      Tableau Chronicle de Nuremberg Michel Wolgemut

 

Nabuchodonosor, roi de Chaldée, voulut mâter la capitale des rois de Juda, aussi rebelles qu’indignes de confiance, mais sans pour autant caresser le dessein d’anéantir sur son passage toute la Judée, désormais défaite et sans souverain. Il fallait au roi babylonien un homme du cru capable de gérer les rancœurs et qui ait la confiance de ses semblables.

Cet homme, ce fut Ghedalia. Selon Heinrich Graetz *(Histoire des Juifs), « après avoir eu la mission d’anéantir Jérusalem, Nébusaradan reçut encore celle de trier les prisonniers et les transfuges, d’en éliminer les suspects pour les envoyer à Babylone, et de laisser le reste, laboureurs et vignerons, dans le pays. À ces derniers seraient attribuées des terres arables, (…) sous la condition expresse de les cultiver. La résidence désignée au nouveau gouverneur fut Mitspa (…). Nabuchodonosor n’eut pu faire un meilleur choix. Ghédalia était précisément l’homme de la situation. (…) »
Jewish Encyclopedia** nous conte le parcours au final malheureux de Ghedalia: « Fils d’Ahikam, dont l’influence permit de sauver le prophète Jérémie de la fureur de la foule et petit-fils de Schaphan, le scribe, Guedalia était aussi le descendant d’une famille noble et pieuse. Nabuchodonosor le nomma gouverneur de Palestine après la conquête de Juda et lui confia Jérémie. Il fit de Mitspa, sa capitale, où les restes dispersés de la nation judéenne se réunirent bientôt autour de lui. Non seulement les pauvres, les paysans et les ouvriers, mais aussi les généraux et militaires sortirent de leurs cachettes respectives parmi les tribus environnantes et s’installèrent à nouveau dans les villes désertes. »

« Guedalia les exhortait à rester fidèles aux dirigeants babyloniens, à déposer les armes et à se mettre eux-mêmes à l’agriculture et à la reconstruction de leurs villes rasées. Il leur permit aussi de rassembler les cultures sur des terres qui n’avaient pas (ou plus) de propriétaire. »

La chute de Jérusalem aiguisa les instincts sanguinaires et la rancoeur accumulée des peuples voisins. Le peuple d’Ammon n’était pas en reste : « Baalis, roi des Ammonites, envieux de la prospérité juive ou jaloux de la puissance du roi babylonien, fut l’instigateur d’Ismaël, fils de Nathaniel, d’origine royale, pour en finir avec la gouvernance Judéenne en Palestine. Ishmael, étant un personnage sans scrupules, se fit lui-même le bras armé du roi Ammonite afin de réaliser son ambition de devenir le souverain de la terre désormais déserte. Cette conspiration fut révélée à Guedalia par Jochanan, fils de Kareah, et Jochanan s’engagea à tuer Ismaël avant qu’il ait eu le temps de réaliser son mauvais projet mais le gouverneur ne crut pas le rapport et interdit à Jochanan de mettre la main sur le conspirateur. »

*Heinrich Graetz *, Histoire des Juifs,1874-76

**Traduction libre à partir d’articles parus dans Jewish Encyclopedia aux deux adresses suivantes:   http://www.jewishencyclopedia.com/articles/11407-nebuchadnezzar   et http://www.jewishencyclopedia.com/articles/6548-gedallah  Jewish Encyclopedia, Société de Théologie de Philadelphie, USA, a été créé en 1906

Mise en ligne : 6 octobre 2014- Version 1- Israël Antique-Exil 6-131