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Nabuchodonosor met au pouvoir Sédécias dont les intrigues fragilisent le royaume de Juda (127)

L'empereur Nabuchodonosor recherche un roi pour la Judée, désormais sa vassale, mais ceux-ci tels Sédécias, sont secrètement en faveur de l'Egypte qui leur est plus proche

L’empereur Nabuchodonosor recherche un roi pour la Judée, désormais sa vassale, mais ceux-ci tels Sédécias, sont secrètement en faveur de l’Egypte qui leur est plus proche

Sédécias régna 11 ans sur le royaume de Juda dont il fut le dernier roi. Il était le frère de Joachaz (Rois II xxiii. 31, xxiv. 18) et le plus jeune fils de Josias, le premier fils de Josiah, qui fut porté en captivité en Egypte par le pharaon Néco en 608 avant JC (Rois II xxiii. 33). Le vrai nom de Sédécias était Mathanias (Rois II xxiv. 17), mais Nabuchodonosor le plaça au trône (en 597) à la place de Jojakin, trop rebelle à son goût et qui était son neveu. Il changea son nom en Zedekiah (= »justice de Jah »).
Comme le conte l’historien allemand Heinrich Graetz*, « (…) Mathania, le plus jeune des fils d’Osias, (…) était d’un naturel doux, flexible et peu martial, qualités qui semblaient garantir au conquérant que le nouveau roi ne lui susciterait pas d’embarras. Toutefois, pour se l’attacher plus entièrement, Nabuchodonosor lui fit solennellement jurer fidélité, car il attachait une importance toute spéciale à la tranquille possession du territoire de Juda, véritable avant-poste contre l’Égypte, dont la conquête ne cessait d’occuper sa pensée. Sédécias régnait depuis quatre ans (593), lorsqu’arrivèrent simultanément à Jérusalem des ambassadeurs d’Édom, de Moab, d’Ammon, de Tyr et de Sidon, qui tous voulaient l’entraîner à rompre avec Nabuchodonosor et employèrent toute leur éloquence à l’y décider. (…) On ne connaît pas la réponse du roi aux ambassadeurs : irrésolu comme il était, il dut se laisser ballotter de côté et d’autre, sans parvenir à prendre un parti. Ces extravagantes manœuvres n’échappèrent point à la clairvoyance de Jérémie, qui eut le courage très grand de s’y opposer. Pour le prophète, il était
visible que Nabuchodonosor était appelé à poursuivre le cours de ses victoires et à soumettre un grand nombre de nations. Il exhorta donc Sédécias, le peuple et les prêtres à ne pas s’abandonner à de douces illusions et à subir la domination babylonienne, s’ils ne voulaient être écrasés par le puissant monarque. »

L’éternel jeu à plusieurs bandes de Juda pouvait-il encore durer ? Difficile face à la résolution du conquérant.« A ce moment-là, commente l’historien israélien Hillel Haim Ben-Sasson dans a history of the jewish people*, le double jeu de Juda atteint une phase de mauvais augure. D’une part, Sédécias jure d’être le vassal de Nabuchodonosor et d’autre part, il était fermement attiré dans la sphère d’influence égyptienne. » Ben Sasson formule une hypothèse originale, qu’o ne trouve as ailleurs:  » Il existe quelque preuve que des soldats judéens furent loués par l’Egypte comme mercenaires ou, plus probablement que cette faisait partie d’un accord secret conclu entre les deux rois. Ainsi, Sédécias était le vassal de Babylone et en même temps l’allié de l’Egypte, sinon son subordonné. L’année suivante, des messagers égyptiens firent le tour de Juda pour une mission spécifique et Juda devint central dans le projet égyptien de reprendre le contrôle de la Palestine. »

Selon Jewish Encyclopedia, « (…) Les onze années de règne de Sédécias étaient notables pour un déclin constant du pouvoir de Juda et les efforts désespérés de Jérémie pour éviter la catastrophe à venir. Comme souverain, il fut souple, presque mou dans les mains de ses princes et de Jérémie, cédant volontiers à l’influence de n’importe quel conseiller, qu’il fût prince ou prophète. Il fit un voyage à Babylone durant la quatrième année de son règne pour assurer Nebuchadrezzar qu’il tiendrait son serment (Jérémie Li. 59) mais les ambitions impérissables des rois égyptiens vis-à-vis de l’Asie eurent raison de Sédécias, avec sa politique vacillante. Il ne put résister aux pressions de Hophra (Apries), roi d’Égypte (589-569 avant JC) et en 588 avant JC, il rompit son allégeance au roi Nabuchodonosor. »

Juda pouvait-il faire autrement ? La fidélité au vainqueur de Babel aurait-elle pu préserver son autonomie ? Difficile à dire. Toujours est-il que selon Marie-Eve Barbeau, historienne (Histoire et civilisation), « Les Chaldéens, s’alliant aux Mèdes, mettent fin à l’empire assyrien en 612 av. J.-C. avec la prise de Ninive. Se terrant exactement dans l’axe du couloir syro-palestinien, le royaume de Juda n’a d’autre choix que celui de subir les affrontements entre Babylone et les pays craintifs de sa nouvelle puissance, comme l’Égypte. (…) Il s’affaiblit constamment. De plus, le royaume est instable de l’intérieur; l’incohérence sociale et religieuse entre les Cananéens et les Hébreux vivant sur le même territoire ne permet plus à Jérusalem de conserver son indépendance politique face aux envahisseurs. De 605 à 604 av. J.-C., les Babyloniens remportent plusieurs batailles sur leurs opposants et enlèvent la Palestine aux mains des Égyptiens pour se l’attribuer comme territoire payant le tribut. Yehoyaquîm, roi de Juda, dont le nom égyptien porte le souvenir de leur occupation, respecte les décrets de Nabuchodonosor pendant trois ans au terme de quoi, profitant d’une défaite babylonienne, il instigue son peuple à la révolte. Comme il meurt avant sa réalisation, c’est son jeune fils qui la concrétise en 597 av. J.-C., avant d’être supplanté finalement par les armées affiliées au roi babylonien. En guise de représailles, le Temple est pillé de ses trésors et l’élite juive, forte de 10 000 individus, est exilée à Babylone. »

C’est la fin du royaume de Juda. Après la dislocation du royaume d’Israël, c’est le deuxième et dernier Etat hébraïque à finir dans la poussière.

* Traduction libre à partir d’un article de Jewish Encyclopedia figurant à l’adresse http://www.jewishencyclopedia.com/articles/13375-sedechias

Jewish Encyclopedia est publiée par la Société de Théologie Juive, Philadelphie, USA, créée en 1906

**Haim Hillel Ben-Sasson, « A history of the jewish people », Harvard University Press, 1994
(1)Jojakin ou Jehoiachin régna sur Juda en -597 avant JC selon l’Institut Bialik de Jérusalem (Biblical Encyclopedia)
(2) Sédécias ou Zedekiah régna sur Juda de -596 à 586 avant JC selon l’Institut Bialik de Jérusalem (Biblical Encyclopedia)

Mise en ligne : 6 octobre 2014- Version 1- Israël Antique-Exil 6-127