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Les juges (5) : Eli (20)

Une peinture illustre Eli, le Cohen Gadol et Samuel son élève qui devait devenir prophète

Une peinture illustre Eli, le Cohen Gadol et Samuel son élève qui devait devenir prophète

la mort d'Eli, le grand-prêtre Gravure de F.B. Schell tirée de ‘l’Histoire de la Bible’ de Charles Foster

la mort d’Eli, le grand-prêtre
Gravure de F.B. Schell tirée de ‘l’Histoire de la Bible’ de Charles Foster

 

11-       Eli, de la tribu des Levi, est un Cohen Gadol. Il est l’un des derniers Juges d’Israël (1171) avant l’institution de la monarchie, avec le roi Saul. Il porte le titre de Grand prêtre d’Israël, et est le mentor de Samuel. Plus précisément, selon Jewish Encyclopedia*, grand prêtre à Shiloh et juge d’Israël (Samuel I, 9, 3, 18). il était un descendant du quatrième fils de Aaron, Ithamar (Lévitique 12 x.), car il est dit que Abiathar (Samuel I 22. 20) était de la lignée d’Ithamar (Chroniques I, 24, 3), et Abiathar était le fils de Ahimélek, fils d’Ahitoub (Samuel I, 14. 3), petit-fils d’Eli. « Eli est grand prêtre du sanctuaire central de Siloh, où l’arche de l’Alliance était conservée et juge en Israël. » Si son cœur est tourné vers la vertu et le service, ses fils Hophni et Pinhas en revanche, sont des détourneurs de fonds et de plus, portés sur le vice. L’irrévérence qu’ils manifestent en accomplissant leurs tâches sacerdotales, les amène à mourir de la main de Dieu lors de la défaite contre les Philistins (voir plus bas). Leur descendance est également condamnée à mourir avant la fleur de l’âge.                                               Parce qu’il manque de fermeté envers ses deux fils et qu’il se rend, de ce fait, complice de leurs fautes en mangeant avec eux les offrandes dédiées à l’Éternel, Eli est également frappé par le jugement divin : quand il entend que l’Arche de l’Alliance a été prise en butin par les ennemis d’Israël, il tombe à la renverse et meurt. Il fut juge en Israël durant 40 ans. Heinrich Graetz, auteur de Histoire des Juifs**, écrit : « De fait, tout honneur était perdu en ce moment pour Israël. L’incursion passagère et le pillage ne suffisaient plus aux Philistins victorieux : ils s’avancèrent à travers le pays dans toute sa largeur, jusqu’à Silo, et avec la ville ils détruisirent aussi le tabernacle, ce témoin qui rappelait encore l’heureux temps de Moïse. (…) La force et le courage du peuple furent complètement brisés par cette défaite. Les tribus qui jusqu’alors avaient formé l’avant-garde d’Israël étaient paralysées. C’est Éphraïm qui — à bon droit, il est vrai —avait le plus souffert. De plus, la perte du sanctuaire, qui avait commencé sous Eli à devenir un centre de ralliement, semble avoir rompu toute relation entre les tribus, notamment avec celles du nord. »

En s’emparant de l’arche d’alliance, réputée le palladium des Israélites, et en détruisant le sanctuaire, les Philistins s’imaginaient avoir, par cela même, vaincu le Dieu tutélaire de ce peuple. Ils furent bientôt désabusés à leurs dépens. L’arche ne fut pas plus tôt amenée dans la ville voisine, Ashdod, que toutes sortes de plaies vinrent accabler le pays. Consternés, les princes philistins résolurent, d’après le conseil des prêtres et des magiciens, de renvoyer l’arche, avec des offrandes expiatoires, au lieu où ils l’avaient prise. Elle n’était restée que sept mois au pouvoir des Philistins. Sortie de leur territoire, elle trouva un abri dans la ville forestière (Kiryat-Yearim), sur une colline et où elle resta sous la garde des Lévites qui y résidaient. Mais elle fit si peu faute au peuple, qu’il s’écoula plusieurs dizaines d’années avant qu’on se ressouvint d’elle. Ni par leur contenu, ni par leur haute antiquité, les tables de la Loi n’avaient grande valeur aux yeux d’une population dégénérée.» L’Arche Sainte est d’abord emmenée à Ashdod où les Philistins la placent dans le temple de leur Dieu Dagon. Au matin, on trouve la statue de Dagon renversée, sa tête et ses mains coupées. Puis une épidémie (la peste) les frappe. Conscients que la détention de l’Arche Sainte ne leur porte pas bonheur, les Philistins la renvoient en territoire hébreu avec des présents. Siloh ayant été détruite, elle est emmenée dans deux bourgs de Juda. Elle restera 20 ans dans le second (à Kiriat Yearim). Une grande bataille met aux prises Philistins et Hébreux à Even Haezer. Défaite pour Israël. Les Hébreux vont chercher l’arche sainte à Siloh, pensant s’en servir comme d’une amulette qui leur donnerait la victoire. Nouvel échec militaire. Les fils d’Eli meurent et le Cohen Gadol suit leur destin funeste.

* Traduction libre à partir d’un article de Jewish Encyclopedia paru à l’adresse suivante      http://www.jewishencyclopedia.com/articles/5572-eli        Jewish Encyclopedia est publié par la Société de Théologie Juive de Philadelphie, Etats-Unis

* Histoire des Juifs d’Heinrich Graetz, 1874-76

 

 

Mise en ligne : 4 septembre 2014- Version 1- Israël Antique- Juges   2-20