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Les Hébreux reconnaissent en Samuel un prophète (24)

Samuel est reconnu parles Hébreux comme un prophète Gravure de Gustave Doré

Samuel est reconnu parles Hébreux comme un prophète Gravure de Gustave Doré

 

Quand les Hébreux prennent conscience que leurs malheurs ont une origine, leur délaissement de l’Eternel et qu’un homme, Samuel, leur assène ses quatre vérités. Ils se ressaisissent mais de façon frustre et maladroite. André Neher (Histoire biblique du peuple d’Israël*) nous explique l’objet d’une premier sacrilège : « L’arche sainte  faire prisonnière de par les Philistins a été restituée par eux à cause des catastrophes qu’elle suscitait sur leur territoire : mais elle est l’objet d’un premier sacrilège de la part des habitants de Beth Shemesh où elle a été renvoyée : oublieux de la sainteté du sanctuaire, ils y entrent sans vergogne mais sont punis de leur impiété par une épidémie. Furieux, ils ne veulent plus garder l’arche et l’expédient à Quiriat-Yearim ».

Samuel se donna une mission, indique Heinrich Graetz (Histoire des Juifs**) : «  Initier le peuple à la sainte doctrine, le corriger des vices et des erreurs idolâtres qu’une habitude invétérée avait transformés en seconde nature. Son principal moyen pour obtenir ce grand résultat fut le puissant verbe du prophète. » Samuel n’attendait pas les auditeurs, il les cherchait, il allait au-devant d’eux. Il faisait des tournées dans le pays, organisait des assemblées populaires et révélait à la foule ce que l’esprit de Dieu lui avait inspiré. Et les Israélites, échauffés par le feu de sa parole, s’éveillaient de la torpeur où les avait plongés l’adversité, reprenaient confiance en leur Dieu et en eux-mêmes, et entraient dans la voie de la résipiscence. »Le bruit se propage chez les Israélites qu’ « un prophète avait surgi en Israël, que cet esprit divin qui avait inspiré Moïse reposait maintenant sur le fils d’Elkana. » Le cœur des Hébreux s’enflamma à cette nouvelle.

Samuel n’est pas pour autant un homme seul. Il s’appuie dans sa démarche sur les Lévites. Ceux-ci, d’abord installés à Silo, avaient fui la ville après sa destruction, et  pour certains, se regroupèrent autour de Samuel. Ils formèrent une communauté lévitique et fréquentèrent l’école de prophétie de Samuel tout en conservant leurs compétences en musique : timbales, harpe et luth. Et la destruction de la famille d’Eli, demandée par l’Eternel à Samuel se réalise progressivement : l’un des fils d’Eli, Pinhas avait eu avant Ikabod, un fils plus âgé, Ahitoub, qui a deux fils : Ahyiya et Abimélek. Avec leur famille, ils sont réfugiés à Nob où le roi Saul les fera massacrer. Graetz explique: « Dans la province dont elle avait pris possession, la tribu de Juda avait trouvé peu de villes et une civilisation peu développée. La seule ville qui eût un nom était Hébron ; le reste n’était que bourgades pour des pâtres. Les moeurs raffinées et corrompues de la Phénicie restèrent étrangères aux Judaïtes et aux Siméonites ; le culte de Baal et d’Astarté, avec sa dépravation sensuelle et grossière, ne pénétra pas jusqu’à eux. Ils restèrent, en majeure partie« simples pasteurs, jaloux de leur liberté et sachant la défendre, mais peu ambitieux de gloire militaire. Le fils d’Elkana, sans être un héros, était néanmoins considéré comme la forte colonne sur laquelle s’appuyaient les deux maisons de Jacob et d’Israël. (…) Maintenir la cohésion des tribus, qui avait fait leur force, fut sans doute le principal objet des efforts de Samuel. Tous les ans, il convoquait les Anciens du peuple, leur exposait leurs devoirs, leur rappelait les infortunes que le peuple s’était attirées par L’oubli de son Dieu, par la fréquentation des idolâtres, par l’imitation de leurs moeurs, et les mettait en garde contre le danger des rechutes.» Mais Samuel lui-même se trouve mis en cause sur le tard, alors qu’il a pris de l’âge, par le comportement de ses fils qu’il a mis juges à la tête de régions car voilà qu’ils acceptent des cadeaux, qu’ils ne respectent pas le droit, et qu’ils ont même des pratiques en affaires peu éthiques. Dès lors les Hébreux lui disent : « Te voilà vieux et tes fils ne marchent pas sur tes traces. Maintenant, établis sur nous un roi pour nous juger, comme on en trouve dans toutes les nations. » (Samuel I, 8,5).

 

*Histoire biblique du peuple d’Israël d’André et Renée Neher chez Adrien Maisonneuve Editeur, 1996

**Histoire des Juifs d’Heinrich Graetz, 1874-76

 

Mise en ligne : 4 septembre 2014- Version 1- Israël Antique – Juges  2-24