Imprimer Imprimer

Les Egyptiens Ptolémées battus, les Syriens Séleucides, hier favorables au peuple judéen vont régner en Judée (183)

 

Carte de la Mediterranée source: wikipedia

La mort de Joseph ben Tuvia, fermier général des Ptolémées d’Egypte (en 208) précipite le conflit entre ses fils, les frères d’Hyrcan, successeur désigné. Le grand prêtre Siméon II, fils d’Onias II prit le parti des frères aînés, acculant Hyrcan à quitter Jérusalem pour Alexandrie mais deux ans après, son protecteur Philopator mourut et l’Égypte doit faire face à un nouveau conflit : Antiochus le Grand, de Syrie, et Philippe, de Macédoine, veulent « démembrer l’Égypte avec ses îles et autres dépendances, et les incorporer à leurs propres royaumes » souligne Heinrich Graetz (1). Les frères d’Hyrcan se font pro-séleucidiens et « ouvrirent au roi de Syrie les portes de la ville et lui rendirent hommage. Leurs adversaires, les partisans d’Hyrcan ou des Ptolémées, cédèrent à la force. Un siècle après (…) la dynastie des Lagides, (…) la Judée tomba au pouvoir de la maison des Séleucides (203-202). » Au total, les Lagides avaient occupé la Judée près de 85 ans (de -285 à -200), et les Séleucides allait la contrôler pendant 33 ans (de -200 à -167).

Au début, le courant passe entre le roi Antiochus et ses subordonnés locaux avec le peuple judéen, qui montre  de l’empressement à se rallier à lui.  Peter Schäfer (2) nous indique « que les Juifs se donnèrent à lui d’eux-mêmes, le reçurent dans leur ville, lui fournirent tout le nécessaire pour son armée et ses éléphants et se joignirent à lui avec ardeur pour assiéger et combattre la garnison laissée par le général Scopas dans la citadelle de Jérusalem (Akra). »

Les récompenses ne tardèrent pas. Comme le souligne Graetz (1) : « Il les aida à restaurer les ruines de Jérusalem. Il leur accorda des franchises et leur permit de se gouverner d’après leurs propres lois. Il défendit à tout étranger, sous peine d’amende, de pénétrer dans l’enceinte du Temple, d’élever dans Jérusalem des animaux immondes, d’y introduire des bêtes mortes ou autres causes de souillure. » André Lemaire (3) ajoute sur la base du livre de Flavius Josephe (Antiquités Juives): « Il décréta une contribution royale importante aux sacrifices du temple et facilita l’importation du bois du Liban et des autres matériaux nécessaires à la restauration du temple, exempté de taxes. Surtout il confirma la validité de la Loi pour les Juifs, exempta les prêtres et le personnel du Temple de la capitation, de l’impôt coronaire et de l’impôt du sel. Pour faciliter le repeuplement de la ville, il décréta aussi que les habitants actuels ou qui viendraient dans un délai très court, seraient exemptés d’impôts pendant trois ans et ensuite du tiers de leurs impôts. Enfin ? les habitants, réduits en esclavage, devaient être libérés avec restitution de leurs biens ».

Antiochus visait toujours la domination de l’Égypte mais désormais, ses projets ambitieux durent se mesurer à un adversaire sans égal : Rome, qui fort de sa victoire sur Carthage et Hannibal, affichait désormais ses ambitions à l’est de la Méditerranée. Antiochus est magistralement battu à Magnésie (-190) et doit obtempérer : « Céder ses possessions de Grèce et d’Asie Mineure, leur livrer sa flotte et leur payer, en douze années, 15.000 talents pour frais de guerre. Afin de garantir cette dette et le maintien de la paix, envoyer à Rome comme otage son second fils, Antiochus Épiphane. » Problème pour les Séleucides : comment payer ? Ils ne s’embarrassèrent pas de principes et se mirent à piller les temples, provoquant des troubles dans les populations. Or, nous indique Mireille Hadas-Lebel (4), « les temples de l’antiquité étaient en principe inviolables. Antiochus III fut tenté de piller un temple en Elymaïde et périt assassiné ».

 (1) Heinrich Graetz, Histoire des Juifs 

(2) Peter Schäfer, Histoire des Juifs dans l’antiquité, Editions du Cerf, 2007

(4) Mireille Hadas-Lebel, La révolte des Macccabées, Lemme Edit, 2012