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Les Anciens convoquent à Sichem une assemblée pour investir Roboam, comme roi (75)

Face aux demandes des Anciens de diminuer la pression fiscale, Roboam, fils de Salomon, réagit avec insolence à Sichem où ils venaient l'introniser comme roi d'Israël, précipitant la rupture entre les tribus du nord et les tribus du sud Peinture de Ambrosius Holbein source www.sites.univ-provence.fr

Face aux demandes des Anciens de diminuer la pression fiscale  et la corvée pesant sur les habitants d’Israël, Roboam, fils de Salomon, réagit avec insolence à Sichem où ils venaient l’introniser comme roi d’Israël, précipitant la rupture entre tribus du nord et tribus du sud et partant créant le schisme entre royaume du nord (dix tribus) et royaume du sud (deux tribus)               Peinture de Ambrosius Holbein                 source www.sites.univ-provence.fr

En ce temps-là, une cérémonie d’investiture doit permettre de confirmer que le descendant du roi Salomon est sacré roi. Roi et encore moins oint, comme l’ont été ses pères par un prophète. Or ce n’est pas ce scénario qui se passe. Fils du roi Salomon, Roboam n’est pas sacré. Non, là, il s’agit d’une « cérémonie d’investiture populaire » selon l’expression de André et Renée Néher*.
« Après la mort de Salomon, le mécontentement du peuple se manifesta bientôt. Les principaux du peuple refusèrent d’aller à Jérusalem pour apporter leur hommage à Roboam, fils de Salomon », constate simplement Arthur Weil, dans son histoire Sainte Illustrée**. Une assemblée est convoquée par les Anciens à la cité historique de Sichem. Pourquoi Sichem et pas Jérusalem ? La suite des évènements va nous répondre.
Selon Heinrich Graetz***, l’objet de cette assemblée est cousu de fil blanc. Ecoutons son récit : « Jéroboam, cet Éphraïmite qui, dans les dernières années de Salomon, avait levé l’étendard de la révolte, mais sans succès d’abord, et qui s’était enfui en Égypte, rentra en Palestine à la première nouvelle de la mort de Salomon, pour recommencer l’ambitieuse entreprise qu’avait approuvée un prophète. Son protecteur Scheschenk (Schischak), roi d’Égypte, avait probablement facilité son retour, peut-être en le faisant conduire par mer à un port israélite. L’audacieux enfant d’Éphraïm ne fut pas plus tôt arrivé à Sichem, la seconde ville du royaume, que l’esprit de résistance éclata dans cette tribu, toujours prête à se mutiner. Jéroboam fut appelé à l’assemblée du peuple, ou plutôt il en provoqua la réunion, et lui suggéra la marche à suivre pour atteindre le but désiré, sans toutefois rompre brusquement avec la tradition. Les Anciens des autres tribus furent invités à faire cause commune avec les Sichémites, afin de donner à la résistance un caractère plus imposant et comme le sceau de la volonté populaire. Il fut résolu, avant tout, que les Anciens des tribus n’iraient point à Jérusalem, comme jusqu’alors, pour rendre hommage au nouveau roi, mais que c’est lui au contraire qui serait invité à venir à Sichem pour y recevoir l’hommage. »
Comme l’indiquent les historiens Néher, la cérémonie relève plutôt « d’Etats-Généraux » et de « cahiers de doléance des députés à la veille de la Révolution française ». Neher poursuit : « Ce qui surprend dans cette déclaration populaire, c’est le ton. On y perçoit une volonté inébranlable de réforme. Les Anciens sont décidés à aller jusqu’au bout. » Alors que jusqu’alors, le régime monarchique, demandé par les Anciens à l’époque des Juges, était en cours et les Anciens d’Israël n’intervenaient plus directement. Voilà qu’on les ressort de leur placard. C’est dire si le ras-le-bol populaire était fort.

* Histoire biblique du peuple d’Israël d’André et Renée Neher chez Adrien Maisonneuve Editeur, 1996
**Arthur Weil, Histoire sainte illustrée, Bâle 1969
*** Histoire des Juifs d’Heinrich Graetz, 1874-76

Mise en ligne : 7 septembre 2014- Version 1- Israël Antique – Le schisme 5-75