Imprimer Imprimer

Le roi Salomon enrichit le pays par les alliances et les échanges extérieurs (58)

Fort des relations pacifiques nouées avec ses voisins et du prestige de son règne, le roi Salomon dope les relations commerciales extérieures

Fort des relations pacifiques nouées avec ses voisins et du prestige de son règne, le roi Salomon dope les relations commerciales extérieures

Le roi Salomon reçut la rein de Saba qui lui offrit des épices, des animaux et des produits inconnus du pays. Gravure de Gustave Doré

Le roi Salomon reçut la rein de Saba qui lui offrit des épices, des animaux et des produits inconnus du pays. Gravure de Gustave Doré

La politique d’alliances vise à neutraliser l’agressivité extérieure, c’est-à-dire à éviter les guerres. L’organisation du gouvernement de Salomon comportait une politique définie pour ses sujets non israélites. Suivant la coutume de l’époque, Salomon obtint pour lui une femme de chacune des maisons royales voisines, contraignant ainsi les pays voisins par des attaches familiales. Ces diverses alliances introduisent à la Cour israélite une princesse d’Égypte pour laquelle le roi fit ériger une résidence spécifique (le palais de Millo), et d’autres encore pour ses épouses Moabite, Ammonite, Édomite, Zidonian et Hittite. Ils apportèrent avec eux certaines coutumes exotiques et une sorte de garantie de la paix. L’Egypte, grande puissance de l’époque aurait-elle donné la fille de Pharaon au roi d’Israël si Israël n’était pas à l’époque au zénith de sa prospérité et de son influence ?
Cette mixité impliqua également des charges financières pour le Trésor Royal : création de foyers pour les étrangers et installation de lieux pour les pratiques religieuses étrangères.

La sollicitude du roi Salomon vis-à-vis de ses épouses finira par susciter chez le peuple une volonté de rébellion à la fin de son règne. De plus, sa stratégie d’alliances par mariages interposés trouva vite ses limites car Salomon dut affronter au nord l’araméen ou le syrien Rezon qui prit l’oasis de Damas et au sud le prince édomite Hadad, protégé et beau-frère de pharaon. A un moment, l’Egypte attaqua même Guezer qu’elle mit en feu. Salomon joua la carte de la diplomatie, épousa une fille de Pharaon, lequel lui donna comme dot la ville de Guezer… que l’Egyptien venait de capturer.

Les alliances permettent d’accroître les échanges extérieurs. Aux Egyptiens, Salomon achetait chars et chevaux, qu’il vendait aux Hittites et autres peuples du Nord. Avec les Phéniciens, il développa le commerce maritime, en envoyant une flotte chaque trois ans de Ezion-geber, à la tête de la Golfe d’Akaba, à Ophir, vers la côte orientale de la péninsule arabique. Ces revenus lui fournirent des moyens presque illimités à la gloire de sa capitale et de son palais et pour perfectionner son organisation civile et militaire. D’Inde, Israël importent animaux exotiques, singes, paons, ivoire, bois, santal. D’Ethiopie épices et or. D’Egypte, ils importent les chevaux qu’il revend en Phénicie et de ce pays, il importe du bois à destination du pays des Pharaons. « Après une éclipse de 4 siècles » (Neher*), Salomon pousse la hardiesse jusqu’à renouer les relations diplomatiques avec l’Egypte. Selon Neher, un pharaon dénommé Psousennes II, accueille Hadad, le prince fugitif d’Edom vaincu par David et lui donne sa fille en mariage. « Le pharaon amorce une campagne contre Guezer, encore aux mains des Philistins et incendie la ville. » Salomon réagit froidement : il engage des négociations qui aboutissent à un mariage diplomatique. La ville de Guezer lui est rendue mais comme dot de sa fille qui épouse le roi d’Israël.

Le roi Salomon, nous indique l’historien israélien Haim Hillel Ben-Sasson dans son histoire du peuple juif en anglais**, « l’autorité s’agissant des routes commerciales entre la Syrie/Mésopotamie et l’Egypte, y compris la Route des Rois à l’est de la Jordanie et la route de la Mer ou Via Maris passant à travers la Philistie. Ces routes offraient de précieux avantages commerciaux et politiques. Il contrôlait le commerce arabe (épices, myrrhe) qui prit des proportions très importantes au 10ème siècle. Les cours de Syrie et d’autres pays méditerranéens en raffolaient, ce qui rend plus que plausible la visite de la reine de Saba (en Arabie du sud) au roi Salomon ».
La collaboration du roi Salomon avec Tyr n’avait pas seulement une dimension régionale. Elle s’étendait aussi à l’Europe. La preuve, Salo W Baron*, l’historien américain d’origine autrichienne, auteur d’une œuvre magistrale –Histoire d’Israël-, évoque dans une note reprenant une étude de A. Alt qu’ « en échange de la collaboration de Tyr, Salomon abandonna toutes les régions phéniciennes au-delà de Sidon, contrôlées auparavant par son père et que lui-même ou un de ses successeurs, perdit également certaines régions de peuplement israélite, allant jusqu’au mont Carmel. (…) A propos de l’expression ‘navires de Tarshish’, W. F. Albright la traduit dans son ouvrage Archeology and Religion, en ’navires d’affinerie’ et en recherche la localisation en Sardaigne plutôt qu’en Espagne. Il ne faut pas cependant renoncer complètement à l’hypothèse traditionnelle selon laquelle des Israélites prirent part également à des expéditions se rendant à la colonie phénicienne de Tartessus en Espagne, expéditions elles aussi provoquées par le désir qu’avaient les Phéniciens de se procurer du cuivre. »

*Histoire biblique d’Israël d’André et Renée Neher chez Adrien Maisonneuve Editeur, 1996
** Haim Hillel Ben-Sasson ‘A History of the Jewish People, Harvard
***Salo W Baron, Histoire d’Israël Tome 1 des origines au début de l’ère chrétienne, Quadrige, PUF, Juin 1986

Mise en ligne : 10 septembre 2014- Version 1- Israël Antique Salomon 4-58