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Le roi Salomon a-t-il été déchu ? (67)

Le roi Salomon avait un trône extravagant Gravure publié par le site israélien ynet.co.il

Le roi Salomon avait un trône extravagant Gravure publié par le site israélien ynet.co.il

Salomon devint un roi déchu. Quand Salomon mourut, était-il dans la pauvreté ou regagna-t-il son trône ? Selon Jewish Encyclopedia*, il aurait « vu trois mondes : il a été successivement une personne privée, un roi et encore une fois un homme privé. » Selon une opinion contraire ; il était roi, personne privée et de nouveau roi (Sanhedrin; Gitṭin. 68 b ). La chute de Salomon de son trône est contée dans Ruth R. ii. 14 comme ayant eu lieu en raison d’un ange qui lui ressemblant a usurpé sa dignité. Salomon est allé dans le même temps mendier de maison en maison pour protester qu’il était le roi. Un jour une femme mit devant lui un plat de grains moulus et le frappa la tête avec un bâton, en lui disant: « Salomon était assis sur son trône, et toi tu prétends être le roi ».
La guemara Giṭṭin attribue « la perte du trône à Asmodée, prince des démons qui, après sa capture par Benaya, est resté prisonnier avec Salomon. Un jour que le roi lui demandait comment s’exprimait la supériorité des démons sur les hommes, Asmodée répondit qu’il le démontrerait si Salomon lui enlevait ses chaînes et lui donnait son anneau magique. Salomon accepta. Sur quoi, Asmodée avala le roi (ou l’anneau, selon les versions), puis s’est levé avec une aîle toucher le ciel ou s’est étendu sur terre et a craché Salomon à une distance de 400 km de là et enfin s’est assis sur le trône du roi. Mais l’assemblée du Sanhédrin découvrit que ce n’était pas le vrai Salomon qui occupait le trône. Elle replaça Salomon à sa vraie place et donna à l’usurpateur un autre anneau et une chaîne sur lesquels était écrit le nom de Dieu. En voyant cela, Asmodée s’envola. Salomon resta néanmoins dans une peur constante et demeura, dans son lit entouré de 60 guerriers armés.
Cette légende est racontée dans « ‘Emeḳ ha-Melek » (p. 14D-15 a; réédité par Jelinek, Bet ha-Midrash. ii. 86-87) comme suit: « Asmodée a jeté la bague magique à la mer, qu’un poisson avala. Puis il jeta le roi à une distance de 400 km. Salomon passa trois ans en exil comme punition pour avoir transgressé les trois commandements interdits prohibitifs. Il erra de ville en ville, jusqu’à Mashkemam, la capitale des Ammonites. Un jour, en se tenant debout dans une rue de cette ville, il fut remarqué par le cuisinier du roi, qui l’emmena de force à la cuisine royale et l’obligea à des tâches serviles. Quelques jours plus tard, Salomon, alléguant qu’il était un expert en cuisine, obtint la permission de préparer un nouveau plat. Le roi des fils d’Ammon en fut si heureux qu’il nomma Salomon cuisinier. Un peu plus tard, Naamah, fille du roi, tomba amoureuse de Salomon. Sa famille, y voyant un simple cuisinier, désapprouva mais devant le refus de la jeune fille d’obtempérer, le roi décida de les tuer tous deux. Ils furent emmenés dans le désert et laissés là pour mourir de faim. Salomon et sa femme, cependant, échappèrent à la famine et atteignirent une ville maritime, où ils achetèrent un poisson pour se nourrir. Dedans ils y retrouvèrent une bague sur laquelle était gravé le nom de Dieu que Salomon reconnut aussitôt. Il retourna à Jérusalem, chassa Asmodée et réoccupa son trône. »
Cette histoire contredit le récit figurant à Rois I, 14, 21, où il semble que « Salomon ait épousé Naama dans la vie de David. Selon le Midrash al-Yithallel (Jelinek, Bet ha-Midrash vi. 106 et suiv.), Dieu a envoyé Asmodée pour déposer Salomon, comme punition pour le péché du roi. En accord avec Giṭtin. c.t. quant aux moyens par lesquels la fraude d’Asmodée a été dévoilée, le récit poursuit comme suit (Midr. al-Yithallel, c.t.): « Benaja envoya chercher Salomon et lui demanda comment s’était passé sa déposition. Salomon répondit qu’un jour, alors qu’il était assis dans son palais, une tempête le lança à une grande distance, et que depuis lors, il était privé de sa raison. Benaja lui a alors demandé un signe, et il a dit: « Au moment de mon couronnement, mon père tenait une de mes mains et Nathan le prophète une autre; puis ma mère embrassa la tête de mon père. » Ces faits ont été reçus pour vrais. Benaja demanda au Sanhédrin d’écrire le nom de Dieu sur des morceaux de parchemin et de les porter sur leur poitrine et de se présenter avec eux devant le roi. Benaja, qui les accompagnait, prit alors son épée et en frappa Asmodée. Il l’aurait en effet tué mais une voix céleste se serait écriée : « Ne le touche pas car il ne faisait qu’exécuter mes ordres. »
Le désaccord entre les rabbins sur la personnalité de Salomon s’étend aussi à sa vie future (« ‘Olam ha-ba »). « Selon Rav, les membres de la Grande Synagogue (Knesseth Aguedola) voulaient que le roi Salomon figure parmi ceux à qui était refusée une part du monde futur, quand l’image de David leur apparut, les implorant ne pas le faire. Cela fut considéré comme une voix céleste (une bat kol) qui leur interdit de faire ce qu’ils avaient prévu (Sanhédrin 104 b ; YER. Sanhédrin. x. 2). En revanche, Salomon ressemble à son père David, en ce que tous ses péchés lui ont été pardonnés par Dieu (Cant. R. c.t.). De plus, David dit avoir laissé un fils digne de lui (B. B. 116 a). Quand on demanda à R. Eliezer son opinion sur la vie future de Salomon, il donna à ses élèves une réponse évasive, montrant qu’il n’avait aucune opinion sur le sujet. (Tosef., Yeb. iii. 4 ; Yoma 66 b ; COMP. Tos. ad loc.). Les rabbins attribuent à Salomon les takkanot suivantes: Erubin, les règles de lavage des mains ; la récitation du début du passage « nous-‘al ha-bayit ha-gadol « et, en collaboration avec David, le début « U-bene Yerushalayim, »dans la bénédiction récitée après les repas (Berakhot 48 b ; Shabbat 14 b ; Erouvim 21 b). »

* Jewish Encyclopedia publié par la Société de Théologie Juive de Philadelphie
Mise en ligne : 10 septembre 2014- Version 1- Israël Antique Salomon 4-67