Imprimer Imprimer

Le roi David unifie la nation à Jérusalem (38)

Le roi David règne 39 ans, de -1004 à -965 avant JC. David unifie la dynastie malgré l’antagonisme nord et sud et les « légitimistes du roi Saul » (selon la

En unifiant la nation et en prenant la ville de Jérusalem comme capitale, le roi David assoit son triomphe Peinture de Nicolas Poussin

En unifiant la nation et en prenant la ville de Jérusalem comme capitale, le roi David assoit son triomphe Peinture de Nicolas Poussin

formule de l’historien Neher*). David se concile ces réfractaires en exécutant les assassins de Ishbochet et en restituant à Mephiboshet, le fils de Jonathan (handicapé des jambes), les biens personnels du roi Saul. « Ne crains rien, lui dit le roi David, je veux te traiter avec faveur en considération de ton père Jonathan. Je te ferai rendre toutes les terres de Saul, ton aïeul et tu mangeras tous les jours à ma table ».

Suite à la faute du dénombrement du peuple, David veut faire amende honorable. Il achète l’aire d’Arauna pour en faire l’emplacement du futur Temple. Il choisit une nouvelle capitale politique, Jébus, 450 ans après l’entrée des Hébreux en Eretz Israël. Pour quelles raisons ? Hébron est géographiquement « excentrée » (Neher) et politiquement marquée (elle est située en territoire de Juda), ce qui peut effaroucher les autres tribus. Jébus, la cité de Malkicedeq est prise par Joab qui s’infiltre par le canal souterrain édifié pour alimenter en eau la ville à partir de la source de Guihon. Joab est récompensé et en devient le gouverneur. Jébus devient Jérusalem. Le roi David en fait donc sa résidence.

David n’aura pas le droit de construire une maison (ba’it) pour le Temple comme il le souhaite mais il pourra se constituer une dynastie (ba’it), celle de David, d’une lignée messianique. Le terme ba’it est employé 7 fois sur 11 versets (Samuel 8-29), le terme de peuple 6 fois, le terme de promesse 3 fois. Un lien indéfectible est établi au-delà de la simple personne du serviteur (employé 10 fois), selon Stéphane Encel (Les Hébreux**). David fait de Jérusalem la capitale de sa dynastie familiale, « la Cité de David ». A ce moment-là, les Philistins comprennent que l’unification d’Israël sous David leur pose une menace hégémonique. Du reste, le roi David n’attend pas et à trois fois est victorieux contre eux, les expulsant de la région des collines et les marginalisant sur la bande côtière. « Par ses victoires, David élargit les frontières de son pays qui avait une étendue maintenant double de celle du royaume de Saul » (Arthur Weil, Histoire Sainte Illustrée***). Jérusalem, ville idéale ? L’historien allemand Heinrich Graetz, auteur de « Histoire des Juifs »****, constate : « Par lui, Jérusalem devint la ville idéale où la saine piété et l’austère justice avaient trouvé leur centre. Grâce à tous ces mérites, — l’affranchissement de la domination philistine, la sécurité reconquise, le règne de la justice, — David redevint ce qu’il avait été jadis, l’idole du peuple. L’affection et la fidélité lui arrivèrent d’elles-mêmes, sans contrainte. » Le roi David fait construire sur la colline de Sion une nouvelle tente sacrée. « Accompagnée de 30.000 hommes, poursuit Arthur Weil,  il alla chercher l’arche sainte qui se trouvait encore dans les environs de Jérusalem. Les lévites la portèrent sur leurs épaules. David, vêtu d’un éphod de lin et jouant de l’harpe, dansait de toutes ses forces devant l’arche de l’Eternel. Les enfants d’Israël suivaient avec des harpes, des lyres, des tambourins, des sistres et des cymbales. Durant le trajet, David fit immoler de nombreuses bêtes. Arrivé dans la Cité de David, il fit installer l’arche dans le pavillon dressé pour elle. Il fit ensuite distribuer du pain, de la viande et du vin au peuple qu’il bénit au  nom de l’Eternel, puis le congédia ».
Pour Salo W Baron*****, l’historien américain d’origine autrichienne, auteur d’une œuvre magistrale –Histoire d’Israël, ces événements en se cumulant ont eu un effet positif : « sous la pression de l’ennemi (philistin NDLR) et sous la conduite d’hommes tels que Samuel, Saul et David, les Israélites fusionnèrent en une nation unifiée. Ces guerres de libération marquèrent l’histoire des Israélites d’une empreinte ineffable et contribuèrent réellement à former les forces élémentaires qui devraient être à l’œuvre dans le courant des siècles à venir. Dès lors, un ennemi extérieur menaça constamment Israël qui, précisément dans les moments du plus grave péril, prit la conscience la plus aigüe de son unité ethnico-religieuse. »

*Histoire biblique d’Israël d’André et Renée Neher chez Adrien Maisonneuve Editeur
**Stéphane Encel, Les Hébreux, Armand Colin, 2009
***Arthur Weil, Histoire Sainte Illustrée, Bâle, 1969
****Histoire des Juifs d’Heinrich Graetz, 1874-76
*****Salo W Baron, Histoire d’Israël Tome 1 des origines au début de l’ère chrétienne, Quadrige, PUF, Juin 1986

 

Mise en ligne : 9 septembre 2014- Version 1- Israël Antique-David-  3-38