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Le roi David face au jugement de l’histoire (51)

Le royaume d'Israël sous le roi David

Le royaume d’Israël sous le roi David

Contesté avant de devenir roi, David le fut après son accession au pouvoir et il continua de l’être après sa mort. La personnalité complexe de David Amelekh, les silences, les contradictions et les surprises du récit ont suscité toute une littérature, parfois critique, dont on rappelle ici quelques éléments du débat avec parfois quand cela est possible, quelques réponses.[frax09alpha]

– David a-t il vraiment existé ? Certains en doutent. On devrait dire, en doutaient car le site archéologique de Tel Dan et de la stèle du même nom apportent de l’eau au moulin de ceux qui croient en l’existence de David, par ailleurs si omniprésent dans les livres de culte juifs qu’il est difficile de douter. Selon Wikipedia, « Tel Dan est un tel situé dans le nord d’Israël, au nord du kibboutz Dan, à l’intérieur de la réserve naturelle de Dan. Il s’élève à 204 mètres au-dessus du niveau de la mer et s’étend sur 20 hectares, dont 0.7 seulement ont fait l’objet de fouilles. On y a en particulier découvert en 1993 et 1994 une stèle de grande importance archéologique, dite « stèle de Tel Dan ». La stèle de Tel Dan est une stèle de basalte érigée par un roi araméen dans le nord d’Israël. Elle contient une inscription araméenne qui commémore la victoire du roi sur les anciens israélites. Bien que le nom de l’auteur de la stèle ne semble pas apparaître sur les fragments disponibles, il s’agit probablement d’un roi vivant près de Damas. La datation, le langage et la localisation rendent plausible le fait que l’auteur soit Hazaël ou son fils, Bar-Hadad II, qui étaient souverains de Damas et ennemis du royaume d’Israël au IXe siècle av. J.-C.. le fait que Bien que seuls des fragments de l’inscription aient demeuré, elle a fortement suscité l’intérêt des archéologues. L’attention est concentrée sur les lettres « ביתדוד » identiques à l’hébreu « Maison de David. » Si la lecture est correcte, il s’agirait de la première identification du roi « David » sur un site archéologique. Quelques épigraphes, dont André Lemaire, pensent que l’expression « maison de David » apparaît également dans une ligne partiellement brisée de la stèle de Mesha). »

– La victoire sur Goliath, grand fait d’armes de David, jeune berger : le livre de Samuel I, 17 dit que c’est le fait de David et le livre II, 21 évoque Elhanan, fils de Yaare-Oregim de Bethleem. Les Chroniques I 20, 5 disent que Goliath avait un frère Lahmi qui fut tué par Elhanan. Y a-t il confusion sur la personne battue ?

– L’ambiguïté de sa conduite avec les Philistins : on se souvient que le roi Saul le pourchassait sur toutes les terres d’Israël, lui laissant peu de choix. David se jugea mieux protégé et en meilleure posture en gagnant les terres philistines. Il y passa six mois, appointé par Akkhich à la ville de Gath, juste avant que Saul ne périsse dans un ultime combat contre les Philistins.

– Combien d’enfants David avait-il ?La question est posée par Maurice Ruben Ayoun dans son livre sur le roi David. Les sources divergent. Le nombre d’enfants de David était-il des 6 fils nés à Hébron (Samuel II, 3, 2), des 11 nés à Jérusalem (Samuel II 5,13-16) ? Et encore, les Chroniques (1, 3, 1-9) donnent une liste de 13 enfants. L’historien français Ruben Ayoun pointe le doigt sur ce qu’il voit comme une contradiction. On lit aussi ailleurs (Talmud de Babylone, Sanhedrin 50a) que le roi David avait 400 fils. S’agit-il selon des rabbins, de « la différence tenant aux fils légitimes et aux fils naturels nés d’unions avec des femmes prises à la guerre ou à des concubines ». Dans Sanhedrin 50a, Rav Yehudah le confirme : David avait 400 enfants de Yefot Toar (nées de son union avec de belles femmes prises comme butin de guerre) et ils grandirent en se laissant pousser leurs cheveux noirs, étaient assis dans de wagons d’or à la tête des troupes de David Amelekh. C’était le bras armé de la maison de David et leur seule présence apeurait l’ennemi.

– David, un doux berger ou soldat sanguinaire ? Il est dit que David fut choisi parce que berger, il prenait garde à d’abord alimenter les vieilles chèvres et les tout nouveaux nés avant les autres animaux plus vigoureux. Un homme aussi pénétré de justice peut-il se révéler brutal ? Pourtant, cet homme aux yeux apparemment si doux peut-il devenir ensuite un lion au combat, voire un guerrier prompt à s’emporter, comme le démontre l’incident qui le mit aux prises avec Nabal, l’époux brutal d’Abigail.

– Père magnanime ou brutal ? Face aux menées contestables de ses fils, il réagit de façon surprenante : aucune réaction ou reproche quand son aîné Amnon viole sa demi sœur Tamar, crime passible de mort ; même indolence à l’égard des menées d’Adonya quand il parade dans les rues de Jérusalem avec des troupes et quand il se dote de cavaliers, seul attribut du roi (L. Cohen, Seuil) mais réaction immédiate et quasi disproportionnée (aux premières paroles l’informant de ses actions, il dit : « Fuyons ! ») dès qu’il apprend que son fils Absalom veut lui ravir le pouvoir et surtout qu’il a profané son harem, crime de lèse-majesté et quasi parricide.

– Dirigeant naïf ou manipulateur doté de duplicité ? David Amelekh porte-t-il une responsabilité dans le massacre des Cohanim à Nov, quand il ne leur précisa pas lors de son arrivée qu’il était poursuivi par le roi Saul, ce qui équivaut à les avoir dupés ? David a t’il tenu parole alors qu’il s’était engagé devant le roi Saul et son fils Jonathan à ne pas toucher à la descendance de Saul (Samuel I, 24, 22) mais qu’il livra aux Gabaonnites ses petits-enfants sur leur seule demande ? Stéphane Encel, auteur du livre « Les Hébreux » rappelle que les Gabaaonites « s’étaient servis d’une ruse pour ne pas être exterminé ; se faire passer pour un peuple ancien – en faisant des provisions de nourriture et en portant des sandales usées…- et ainsi s’allier aux israélites en vertu de la législation deutéronomique autorisant ce genre d’entente. » Et dans l’histoire mouvementée du roi, nombre d’auteurs voient sa main derrière les assassinats d’Abner et d’Ishbaal. A telle enseigne qu’Encyclopedia Judaica dit à son propos : « Sa politique à l’égard de la maison de Saül fut d’exporter les vivants et d’importer les morts. »

– David est accusé de ne pas avoir laissé d’édifice public. Simplement il n’a pas eu le temps, tellement il dût se battre physiquement pour installer l’Etat, puis pour le protéger. De plus, s’agissant de l’oeuvre gigantesque de la construction du Temple qu’accomplira après lui son fils, achetant le terrain, en acquérant les matériaux et en mettant de l’argent de côté. Le roi David produisit une œuvre maîtresse, Les Psaumes, qui sont un composant majeur de l’infrastructure spirituelle du peuple juif, utilisé quotidiennement par le peuple juif dans ses prières. David avait acheté un lieu à Arawnah le jébuséen afin d’y bâtir un autel pour YHWH mais l’historien Maurice Ruben Ayoun formule l’hypothèse que déjà sur place, un temple cananéen existait. Il se fonde sur un verset du livre Samuel II 12,20, après le décès de l’enfant adultérin de David et de Bath Sheva : « Alors David se leva de terre, se baigna, se parfuma et changea ses vêtements, il entra dans la maison de YHWH et se prosterna ».
– Inspirateur, architecte et concepteur du Temple (Maurice Ruben Ayoun)
– Fournisseur de tous les matériaux nécessaires à sa construction : or, argent, fer, pierre, bois
– Et responsable du recrutement du personnel qualifié

* Maurice Ruben Ayoun, le roi David, Editions Perrin (2012)

Mise en ligne : 9 septembre 2014- Version 1- Israël Antique-David- 3-51