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Le roi David en proie avec les démêlés de ses enfants (47)

Le roi David est inconsolable de la mort de son fils Absalom qui a pourtant voulu le déposer Gravure de Gustave Doré

Le roi David est inconsolable de la mort de son fils Absalom qui a pourtant voulu le déposer Gravure de Gustave Doré

 

Le roi David se verra reprocher l’éducation par la tradition rabbinique qu’il donna à ses enfants, dont le comportement n’était pas particulièrement reluisant, D’une part, conseillé par le maléfique Jonadab, Amnon, son fils aîné, viole sa demi-sœur, la belle Tamar (fille de la cananéenne Maakah). que son frère Absalom venge. Celle-ci l’implore : « Et toi, tu seras comme l’un des infâmes d’Israël » (v13). Rien n’y fait. Il viole sa demi-sœur puis la renvoie brutalement. Celle-ci déchire sa robe à manches longues de vierge, répand de la cendre sur ses cheveux, parcourt les rues et rentre chez son frère Absalom son frère en hurlant. Absalom ne fait aucun reproche à son frère mais deux ans après, il réagit et le met à mort.

D’autre part, Absalom tente de déposer son père David. Absalom souhaitait succéder à son père David et pratiquait la justice en essayant toujours de façon insidieuse de bien marquer à ses interlocuteurs que lui, au pouvoir, les choses ne se passeraient pas ainsi. « Chaque fois qu’un homme ayant une contestation se rendait chez le roi pour obtenir un jugement, Absalom l’appelait et disait : Vois, ta cause est bonne et juste mais personne de chez le roi ne t’écoutera (…) Qui m’établira juge dans le pays ? Tout homme qui aurait une contestation et un procès viendrait à moi et je lui ferais justice. Et quand quelqu’un s’approchait et se prosternait devant lui, il lui tendait la main, le saisissait et l’embrassait. Il agissait ainsi à l’égard de tous ceux d’Israël qui se rendaient vers le roi pour lui demander justice. Ainsi Absalon captait le cœur de tous les gens d’Israël » (Samuel II 15,6). Il provoqua une rébellion dans la capitale de Juda où David avait été élu roi de sa tribu à Hébron, tout un symbole.

David a alors 70 ans. Pris complètement par surprise par l’action de Absalom, il fuit aussitôt de l’autre côté du Jourdain. Suivant les conseils du maléfique Achitofel, Absalom pour gagner du temps, rassemble ses troupes de fidèles. Joab, chef militaire de David tue, de sa propre main, Absalom en fuite, contre l’ordre express du roi David. Alors, « le roi David gémit et les soldats vainqueurs rentrent à Jérusalem comme s’ils étaient vaincus… » (Samuel II, 19, 1-9).

 

Après avoir expié ses fautes, le roi complète la rédaction de ses Psaumes, les Tehilim. L’historien Graetz* résume en ces termes la situation : « David était rentré dans sa capitale purifié de son passé. Il avait expié ses fautes par une double souffrance. Il avait déshonoré la femme d’un de ses plus dévoués serviteurs, son propre fils déshonora les siennes. Il avait fait répandre le sang d’Uria, des flots de sang coulèrent dans sa propre maison et faillirent l’engloutir lui-même. Il venait d’éprouver cruellement combien peu un roi, même débonnaire, peut compter sur l’attachement de son peuple. Les vastes plans de guerre qu’il avait conçus avaient échoué. Maintenant qu’il commençait à vieillir, il consacra toute l’activité de ses dernières années aux affaires intérieures de son royaume. Il voulut réaliser, avant de mourir, une pensée qui, depuis longtemps peut-être, hantait son esprit, celle d’élever un temple magnifique à Dieu, à ce Dieu qui l’avait délivré de tant de périls. »

 

*Histoire des Juifs d’Heinrich Graetz, 1874-76

Mise en ligne : 9 septembre 2014- Version 1- Israël Antique-David-  3-47