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La succession du roi David s’avère problématique face aux intrigues familiales (48)

La mort de son fils Absalom rend le roi David inconsolable. Gravure de Gustave Doré

La mort de son fils Absalom rend le roi David inconsolable. Gravure de Gustave Doré

A l’annonce de la mort de son fils, le roi David s’afflige et reste prostré à terre toute la nuit Gravure de F.B. Schell tirée de ‘Bible Story’ de Charles Foster

A l’annonce de la mort de son fils, le roi David s’afflige et reste prostré à terre toute la nuit Gravure de F.B. Schell tirée de ‘Bible Story’ de Charles Foster

 

A l’occasion de cette tentative avortée de coup d’Etat, c’est le conflit entre Israël et Juda : David Amelekh irrite les Israélites par des négociations imprudentes et unilatérales avec les Judéens, dont la défection avait évidemment été un coup dur pour lui ; et cette amertume donne lieu à un conflit entre les Israélites et les Judéens sur la marche du retour. Ce conflit, qui eut lieu en Jordanie, devient si amer que le Benjamite Sheba Bichri exhorte Israël à une révolte. Le roi David est lapidé à  coups de pierre. Joab a cependant immédiatement réprimé la révolte. Sheba fuit vers la ville Abel Beth-Maaca, à la limite nord du Royaume ; mais les habitants le rattrapent, lui coupent la tête et la jettent par-dessus bord à Joab, venu assiéger la ville.

Quelle succession au roi David ?

Les dernières années de la vie et le règne de David sont pacifiques. La question de sa succession, cependant, a soulevé de nouvelles difficultés. Adoniya, l’aîné des fils de David après la mort d’Absalom son frère, était considéré comme son héritier naturel, et David lui permit d’apparaître officiellement comme prince héritier. Il était beau avec « une apparence seigneuriale qui impressionnait tout Israël », indique Laurent Cohen (le roi Salomon, Seuil) citant Da’at Sofrim. Plus encore, précise ce jeune auteur,  « il avait sectionné la plante des pieds de ses soldats qui paradaient dans Jérusalem (une pratique païenne !) et avait des chars et cavaliers, seuls attributs du roi. Pire : Si David est « subordonné à Dieu », tel n’est pas le cas de Adoniya, « jouisseur cynique », « sourd aux prophéties et aux dernières volontés de David, son père » (L. Cohen). L’ambitieuse et intrigante Bath-Sheva essaye, avec l’assistance du prophète Nathan, d’obtenir de David la succession pour son fils Salomon, le plus jeune des enfants de David. Sous l’influence de Bath-Sheva, Adoniya, impatient d’attendre la mort de son père malade, se proclame roi et reçoit le serment d’allégeance de représentants du peuple. Il est soutenu par Joab, le fidèle soldat de David et par le prêtre Ebiathar.

Par contre, le camp de Salomon est soutenu par le prophète Nathan et le prêtre Sadok. Informé des initiatives de son fils Adonya (il organise un festin avec de nombreux convives influents du royaume), le roi David se rebiffe : il fait monter Salomon sur sa propre mule, annonce qu’il va être oint et que tous soient informés que son couronnement est imminent. « Et il viendra s’assoir sur mon trône. C’est lui qui régnera à ma place et c’est lui que j’ai institué comme chef de Juda et d’Israël » (v25). David présente donc solennellement Salomon au peuple comme son successeur et il l’oint. Adonya avait invité à son couronnement certains des plus influents amis et conseillers de David et son frère Salomon. Cela suscita les soupçons du prophète Nathan. Le roi David réagit et Adoniah s’enfuit terrorisé, sur la foi du serment que sa vie serait épargnée.

*Le roi Salomon, une biographie de Laurent Cohen, aux éditions du Seuil

Mise en ligne : 9 septembre 2014- Version 1- Israël Antique-David-  3-48