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La reine Attalia de Juda diffuse l’idolâtrie et le grand prêtre Joaïda la fait tuer (97)

Jéhu punit de mort la reine Jézabel Peinture de Andréa Celesti

Jéhu punit de mort la reine Jézabel
Peinture de Andréa Celesti

La reine Jézabel est précipitée par ses ennuques par dessus ses balcons Gravure de Gustave Doré

La reine Jézabel est précipitée par ses ennuques par dessus ses balcons Gravure de Gustave Doré

Se sentant directement menacée par la mort de son fils, liée à la vague anti-idolâtre survenue dans le royaume du nord, Attalia (1), reine de Juda, a réagi immédiatement, dans une sorte de coup d’Etat. Comme l’écrit André Neher (Histoire biblique du peuple d’Israël*), « L’idolâtrie ne subsista qu’à Jérusalem », La raison : le zèle fanatique d’Attalia, la digne fille de Jézabel. Car selon Heinrich Graetz (Histoire des Juifs**), si Jézabel avait mis à mort prophètes et rabbins, Athalia, sa fille fit pire encore : « Attalia voyant son fils mort, se mit à exterminer toute la race royale de la maison de Juda » (Chroniques II, 22-10). « A la première nouvelle de la mort d’Achaziah (son fils), elle donna l’ordre d’égorger tous les membres de la maison de David demeurés à Jérusalem  (c’est-à-dire ses petits enfants NDLR); tous périrent, à l’exception du plus jeune, âgé d’à peine un an, et qui ne dut son salut qu’à une sorte de miracle. »

A Jérusalem, à l’instigation d’Attalia, se multiplièrent les autels consacrés à Baal (…) « mais elle n’osa pas placer l’image de Baal dans le sanctuaire bâti par Salomon. Mais elle y interrompit le culte, et ses mercenaires y interdirent l’entrée aux fidèles. Six années durant (de 887 à 881), la reine opprima le peuple. « Seul le plus proche parent de la famille royale, le grand prêtre Jaïada, demeura fidèle à l’ancienne loi et à la maison de David. Sa femme Josabeth (Yehoschabat) était fille de Joram, roi de Juda, soeur par conséquent de cet Achaziah que tua Jéhu. C’est elle qui sauva le plus jeune enfant de son frère, le petit Joas (Yehoasch). Elle le cacha avec sa nourrice dans une partie retirée du temple (…) et l’y éleva, à l’insu de la reine. Les Aaronides et les Lévites gardèrent le secret. »

Joïada s’attacha la fidélité des chefs des mercenaires et leur fit connaître l’existence d’un héritier de la couronne de Juda, de la famille de David. Graetz** : « Un shabbat, il amena le jeune Joas, lui mit la couronne sur le front, lui conféra l’onction royale, et le fit asseoir sur le siège réservé aux rois dans l’avant-cour du temple. Les trompettes sonnèrent, les gardes entrechoquèrent leurs armes, le peuple battit des mains et tous crièrent : Vive le roi Joas ! » Le prêtre refusa qu’Attalia fut tuée dans l’enceinte du Temple. Elle le fut  « sur le chemin de l’entrée des chevaux pour se rendre au palais royal » (Chroniques II, 23-14). « Ainsi finit misérablement, comme sa mère, la dernière descendante de la maison d’Omri. », conclut l’historien Graetz.

Le peuple se précipita ensuite vers le temple de Baal et y détruisit les autels. « Le temple, sous Attalia, avait souffert. Non seulement le revêtement de bois de cèdre et d’or avait été enlevé mais encore des pierres de taille avaient été arrachées des murs. » Joas fait remédier à ces dégâts. «  Joïada fit de la dignité de grand prêtre l’égale de la royauté. » Nuances qui ont inspiré, selon Graetz, le dramaturge français Racine dans la pièce Athalie.  Dans les faits, jusqu’à sa mort, Joïada s’entendit bien avec le roi qu’il avait sauvé et mis sur le trône. Mais son successeur fut, nous indique Graetz, « lapidé dans le vestibule du temple et le jeune pontife s’écria en mourant : Dieu le voit et le punisse ! »

(1) Attalia  régna de -842 à -836 avant JC, selon l’Institut Bialik de Jérusalem (Biblical Encyclopedia)

*André et Renée Neher Histoire biblique du peuple d’Israël Adrien Maisonneuve  Editeur 1996

**Heinrich Graetz Histoire des Juifs 1874-76

 

Mise en ligne : 17 septembre 2014- Version 1- Israël Antique  5-98