Imprimer Imprimer

La Grande Assemblée arrête le canon et la liturgie sous leur forme quasi définitive (165)

La Grande Assemblée ou Grande Synagogue codifie la Torah

La Grande Assemblée ou Grande Synagogue codifie la Torah

Nombreuses sont les réalisations légales des « hommes de la Grande Assemblée « , constatent les historiens. Elles s’appuient sur les Soferim ou scribes, qui ont succédé aux prophètes et assurent sur le terrain, dans les synagogues, la transmission des textes au peuple. Selon Marianne Picard*, « ces savants comptent les lettres, les mots et les versets de la Bible et en écrivent avec précision toutes les lettres et tous les mots afin de transmettre un texte immuable aux générations futures. »

Les 120 membres de la Grande Assemblée prennent progressivement, année après année, sur un siècle environ (de -430 à -330 avant JC), une série de mesures listées par Mme Picard, qui fixent les rites une fois pour toutes.

  1. « Ils recueillent les derniers textes des prophètes et ferment la Bible qui contient 24 livres ;
  2. Ils expliquent la Torah écrite à la lumière de la Torah orale et en traduisent des passages en araméen, langue parlée par les Juifs ;
  3. Ils organisent la prière publique dans les synagogues ;
  4. Ils instituent la lecture publique de la Torah (shabbat et les lundis et jeudis, jours de marché) ;
  5. Ils rédigent les 18 bénédictions qui forment la prière par excellence, récitée trois par jour et appelée Chmoné Esré  (l’Amida, qui se lit debout);
  6. Ils encadrent la prière de Chmoné Esré de psaumes, de versets de la Torah (le Chema) ;
  7. Ils rédigent toutes les bénédictions qui ponctuent les actions quotidiennes des Juifs (par exemple, avant et après la consommation des aliments) ;
  8. Ils renforcent l’idée de Shabbat, rédigent les prières du Kiddouch et de la Havdallah ;
  9. Ils interprètent toutes les lois de la Torah en les adaptant aux nouvelles conditions de vie
  10. Ils ordonnent les lois préventives, appelées Siaguim (barrières) afin d’éviter d’éventuelles infractions à la Torah. »
  11. Encyclopedia Judaica précise de plus: « Ils établirent la fête de Pourim (Meguillah 2 a), et ils tinrent 24 jeûnes pour que les soferim ne deviennent pas riches, pour assurer une offre abondante de Sifrei Torah, de Tefillin et de Mezouzot pour tous les temps (Pesachim 50 b).
  12. Ils introduisirent la classification de la Loi orale dans trois domaines d’études : Midrash (au sens large), Halakhot, et Aggadot (Talmud de Jérusalem, Shekalim 5:1, 48 c).
  13. Ils étaient aussi actifs dans les études Massorétiques (Tanḥ. Shemot 17, pour Tikkun Soferim). On leur attribue l’inclusion dans le canon des livres d’Ézéchiel, de Daniel, d’Esther et des douze prophètes mineurs (Talmud de Babylone, Baba Batra 15 a, où « écrit » signifie probablement inclus dans le canon). « R. Johanan a enseigné que « 120 anciens dont certains prophètes » mis en place la prière Chmoné Esreh (Meguilla. 17 b), in TJ, et il affirme (70D), que 85 anciens, dont 30 prophètes, ont mis en place la fête de Pourim. »

Pourtant les historiens ne sont pas unanimes sur cette institution, comme le développe Encyclopedia Judaica**: « Certains considèrent la Kenesset ha-Gedolah comme une haute Cour, organe précurseur du Sanhédrin ha-Gadol mais la tradition rabbinique y voit plutôt « un grand Conseil législatif et administratif plutôt qu’un… tribunal ». Ce qui ressort clairement, c’est que cette institution, avait ses origines dans le cadre d’une organisation mise en place au temps d’Ezra. Ces développements de première génération (cf. Esdras 10 : 14-17 ; al.) ont été perpétués probablement sous la forme d’un organe représentatif périodiquement pour passer les textes majeurs. »

Par ailleurs, pour être complet, Jewish Encyclopedia*** affirme que « la liste des personnages bibliques qui n’auront aucune place dans le monde futur a été définie, selon Rab, par les hommes de la Grande Assemblée (Sanhedrin 104 b). De même pour une haggada sur des histoires bibliques, commençant par l’expression « Wa-yehi bayamim » (et il arriva dans ces jours) dont l’auteur est Jochanan, ou son élève Levi, et retenue comme « tradition » des hommes de la Grande Synagogue (Meguillah 10 b).

*Marianne Picard, Juifs et judaïsme de -700 à +70, éditions Pacej, 1987.

** Sperber, Daniel. « Synagogue, le grand » Encyclopaedia Judaica. Éd. Michael Berenbaum et Fred Skolnik. 2e éd., Vol. 19. Detroit : Macmillan Reference USA, 2007. 383-385. Gale Virtual Reference Library. Web. 1er mai 2015. URL http://go.galegroup.com/PS/i.do?id=gale%7CCX2587519428&v=2.1&u=imcpl1111&IT=r&p=GVRL&SW=w&ASID=1a7174df537609abe74eecf853d57073

***Traduction libre d’un article publié sur le site web de Jewish Encyclopedia à l’adresse  Jewish Encyclopedia http://www.jewishencyclopedia.com/articles/6866-great-synagogue Jewish Encyclopedia est publié par  par l’Institut de Théologie de Philadelphie, USA, créé en 1906