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La destruction de Jérusalem par l’Assyrie attire les peuplades voisines qui participent à la tuerie (130)

La chute de Jérusalem précipite les peuplades alentour envieuses du succès d'antan de la ville de l'Eternel (Source Wikipedia)

La chute de Jérusalem précipite les peuplades alentour envieuses du succès d’antan de la ville de l’Eternel (Source Wikipedia)

Comme toujours en pareille circonstance –la chute de Jérusalem-, des loups accourent pour profiter du moment et prendre leur part du butin et du sang versé, spectacle que nous décrit l’historien allemand Heinrich Graetz *(Histoire des Juifs), avec son style illustratif inimitable: « Nabuchodonosor était alors à Ribla, en Syrie. Ses généraux s’avancèrent sans obstacle jusqu’au centre de la ville, dont les habitants, réduits à l’état de spectres, conservaient à peine la force de se traîner. La soldatesque se répandit dans tous les quartiers, massacra les jeunes gens et les hommes d’apparence valide, fit le reste prisonnier. Rendus féroces par la longueur du siège, ces farouches guerriers déshonorèrent les femmes et les jeunes filles et n’épargnèrent ni la vieillesse ni l’enfance. Ils firent irruption dans le temple, y égorgèrent les prêtres et les prophètes, qui se croyaient à l’abri sous la protection du sanctuaire, et poussèrent des cris de fureur, comme s’ils eussent voulu combattre le Dieu d’Israël. À leur suite accoururent les Philistins, Iduméens et Moabites, qui s’étaient unis à Nabuchodonosor et qui se livrèrent aussi au pillage, profanèrent aussi les vases sacrés. (…) Dans la ville, les Chaldéens ne trouvèrent, en fait de notables, que le grand prêtre Séraya, le capitaine du temple Zéphania, l’eunuque qui avait dirigé la défense, le dresseur de listes (Sopher), les familiers du roi, les garde-portes et soixante autres hommes. Tous furent provisoirement conduits, chargés de chaînes, à Kama, jusqu’à ce que le roi de Babylone se soit prononcé sur eux, car les laisser à Jérusalem ou aux environs n’était pas possible, à cause des cadavres sans sépulture dont les émanations empoisonnaient l’air. Jérémie se trouvait parmi les captifs ; des soldats qui l’avaient rencontré dans une des cours du palais l’avaient pris pour un officier et emmené. Son disciple, Baruch eut sans doute le même sort. La garde des prisonniers et des fuyards fut confiée par les vainqueurs à un Judéen de famille noble, Ghédalia, fils d’Ichikam, de la famille Schaphàn. (…) »
Quel allait être le sort de Jérusalem ? Les cris des blessés et des mourants, les cadavres qui pourrissaient au soleil, les flammes qui détruisaient bâtiments et maisons, les uns après les autres. C’est sûr, la ville adulée des Judéens, vit son dernier quart d’heure. Graetz : « Cette infortunée ville était devenue un charnier : Tous ses chemins étaient en deuil, toutes ses portes désolées et toutes ses places désertes. Mais elle était encore debout, les généraux qui l’avaient prise n’avaient pas d’instructions pour décider de son destin. Nabuchodonosor lui-même fut, semble-t-il, d’abord indécis. Enfin, il chargea le chef de sa garde du corps, Nébusaradan, d’aller détruire la capitale vaincue. Aussitôt vinrent se presser, remplis de haine, autour de cet officier, les princes iduméens, qui l’excitèrent à exécuter sans pitié son oeuvre d’anéantissement. Détruisez, détruisez-la jusqu’au sol, disaient-ils. Nébusaradan donna l’ordre de jeter bas les murailles, de livrer aux flammes temple et palais et toutes les belles maisons, et on lui obéit consciencieusement (10 Ab – août 586). Ce qui restait des trésors du temple, les colonnes d’airain artistement ouvrées, la mer d’airain, les instruments de musique, tout fut mis en pièces ou emporté à Babylone. (…) Les autres préférèrent gagner l’Égypte, dont l’alliance semblait leur promettre plus de sécurité et où vivaient déjà des familles judéennes. Mais, pour y parvenir, il leur fallait traverser le territoire de l’Idumée, et là, les attendait un acharné et irréconciliable ennemi. Aussi peu touchés des procédés fraternels de Juda que satisfaits de la ruine de Jérusalem, les Iduméens n’eurent de mémoire que pour leurs griefs et poussèrent la haine au point de guetter les fugitifs sur leur frontière pour les mettre à mort ou les livrer aux Chaldéens. Ce n’était pas l’inimitié seule qui les inspirait, mais encore un calcul politique d’extermination des fugitifs. »
*Heinrich Graetz, Histoire des Juifs, 1874-76
Mise en ligne : 6 octobre 2014- Version 1- Israël Antique-Exil 6-130