Imprimer Imprimer

La déportation de Juda vers Babylone s’est déroulée en cinq phases et sur plus d’un siècle (134)

Les Judéens furent déportés en Assyrie mais d'autres fuirent vers l'Egypte ou essaimèrent sur le pourtour méditerrannéen

Les Judéens furent déportés en Assyrie graduellement mais d’autres fuirent vers l’Egypte ou essaimèrent sur le pourtour méditerranéen

La déportation d’Israël et de Juda fut la plus nombreuse des dispersions mais elle ne fut pas une opération unique. Ce ne fut donc pas une sorte de Big Bang. L’opération s’est déroulée sur plusieurs dizaines d’années et en plusieurs phases (d’abord pour le royaume du nord, Israël, sur une période de dix ans, en -733, puis -722, puis plus d’un siècle après, pour le royaume du sud, Juda sur une période de vingt ans en – 597, – 586 et -573), selon Jewish Encyclopedia*. Et l’on ne parle là que de l’exil à Babylone, laissant de côté l’exil vers l’Egypte (en 586 et 581 avant JC notamment, voir article séparé).
1) L’expulsion d’Israël : La plus ancienne déportation des Israélites mentionnée dans l’ancien Testament était celle de Téglath-Phalasar III. Ce roi, qui marcha et contre la Philistie, est mentionné dans un fragment de la liste éponyme, ou (dans le cas que la marche contre Hano de Gaza [734] ne concerne pas Israël et Juda) en 733 ou 734 avant J.-C., et contre le roi Pekah d’Israël et Rezin de Damas, alors en guerre avec son vassal, le roi Ahaz de Juda. Il les punit en annexant les confins nordiques et orientaux (Rois II xvi. 7-9) : les terres des tribus de Zebulon, Asher et Naphtali, ainsi que celles du territoire de l’est de la Jordanie qui appartenaient à Israël, il conduisit les habitants de ces provinces en Assyrie et les y établi (Rois II xv. 29).
2) L’expulsion de Samarie : La seconde expulsion eut lieu après la conquête de la ville de Samarie en 722 av. JC., qui fut suivie par la démolition du Royaume du Nord. Le dernier roi de ce pays, Hoshea, avait renoncé à l’allégeance à Salmanazar IV. (Rois II xvii. 4), conduisant ce roi à assiéger la ville de Samarie pendant trois ans (724-722). Ce sera son successeur, Sargon, qui capturera la capitale hostile, comme en témoignent des inscriptions cunéiformes (en contradiction avec Rois II xvii. 3 pour qui, la conquête a été le fait de Salmanazar lui-même). Là-dessus 27 280 personnes ont été prises en captivité et déportées, en partie à la province assyrienne de Gozan, en Mésopotamie et en partie en Médie.
3) La première expulsion de Juda : Les habitants de Judée, furent à leur tour soumis à deux expulsions. D’abord en 597 dans le cadre de la première tentative (avortée) de conquête de Jérusalem par Nabuchodonosor II, visant à punir le fils de Josiah, Jojakim, qui, en s’appuyant sur l’Egypte, avait renoncé à son allégeance à Babylone. Dès que le fils Jojakin ou Jaconiah succéda à son père, Jojakim, Nabuchodonosor ordonna sa déportation à Babylone avec les hommes les plus distingués du pays et les plus précieux trésors du Temple et du palais (Rois II xxiv. 1-16). Ainsi commença l’exil à Babylone (597).
4) La deuxième expulsion de Juda : une autre déportation s’est déroulée à la chute du Royaume de Juda (586 av. J.-C.). Le nouveau roi, Sédécias, fils de Josias, avait prêté serment de fidélité au souverain babylonien (Ézéchiel xvii. 13). Mais dès 593, le roi de Juda renie sa parole, s’insurge contre Nabuchodonosor, et rallie le roi égyptien Hophra. Le siège commença le 10 janvier 587 et dura un an et demi. Comme la ville, du fait de sa position inaccessible et de ses puissantes fortifications, était presque inexpugnable à l’assaut, Nabuchodonosor s’efforça d’affamer les habitants en les encerclant avec un mur. L’armée chaldéenne abandonna temporairement le siège pour se mesurer aux Egyptiens. Après les avoir battus, il reprit le siège jusqu’au 9 juillet 586. A ce moment-là, une brèche fut percée dans la digue construite à l’époque d’Ézéchias (Chroniques II. xxxii. 5 ; Rois II xxii. 14). Le 7 août de la même année Nebuzaradan, capitaine des gardes de corps de Nabuchodonosor ordonna que le Temple, le palais royal et tous les logements de la ville de Jérusalem soient mis au feu, et que les survivants soient emmenés manu militari en captivité à Babylone. Ce fut aussi le sort de tous ceux qui, après la capitulation de la ville, avaient cherché refuge dans le camp des Babyloniens.
5) La troisième expulsion de Juda : Une troisième déportation des Juifs fut ordonnée par Nabuchodonosor. Pendant le siège de la ville phénicienne de Tyr, qui dura treize ans (585-573 av. J.-C.) le roi Chaldéen garda une garnison en Syrie, qui sera renforcée après le meurtre de Guedalia, le gouverneur judéen mis au pouvoir par le vainqueur. Suite à ce meurtre, en 582 ou 581 avant JC, une autre expulsion partielle à Babylone fut ordonnée.
*Les dates figurant dans cet article sont celles de Jewish Encyclopedia, qui reprennent celles de la chronologie classique et non celles du Seder Olam Rabba, référence rabbinique qui indique la date de 425 avant JC pour la destruction du premier Temple, soit 165 ans après la chronologie classique. Cf « Jewish History in Conflict » de Mitchell First (édité par Jason Aronson, NJ, USA) qui dissèque en profondeur ces problèmes de datation de l’histoire juive.

*Traduction libre d’un article de Jewish Encyclopedia publié à l’adresse  http://www.jewishencyclopedia.com/articles/11407-nebuchadnezzar Jewish Encyclopedia est publié par l’Institut de Théologie de Philadelphie, USA, créé en 1906 J