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Hizkiyyah, roi de Juda, fixe les premières bases du canon hébraïque (116)

Le roi Ḥizḳiyyah de Juda restaure le Temple et engage la codification de la Torah

Le roi Ḥizḳiyyah de Juda restaure le Temple et engage la codification de la Torah

Le règne de Ḥizḳiyyah est crucial en termes de religion juive car ce sont les bases même des rites juifs qui vont être définis.

« Sous Ḥizḳiyyah (1), commence à se constituer le canon biblique » (André et Renée Neher*), c’est-à-dire les textes considérés comme sacrés et régissant le culte juif. L’historien français explique qu’« un collège de savants, certainement recruté par les prêtres et les Lévites qui redécouvraient ainsi leur véritable mission, travailla à la collation de tous les textes d’inspiration sacrée, et à leur intégration dans un recueil qui constitua la première ébauche de la Bible. » Des scribes font des copies de la Thora, les prophéties sont mises par écrit, des psaumes sont rédigés, le livre de Job est composé. « Ces écrits inspirés par l’époque d’Ezechias (Hizkiyyah) sont à mettre en relation avec les écrits prophétiques » (Néher).

Bref, le peuple de Judée « prend conscience d’être le peuple du Livre » (Neher). Déjà à l’époque du second Temple, un historien qui deviendra controversé (car il optera pour l’occupant romain contre les Judéens), Flavius Josèphe, décrira dans Contre Apion (personnalité antijuive d’Alexandrie)  le canon des écritures juives de l’époque avec 13 livres des Prophètes, 4 livres de proverbes et 5 livres de Moïse. Le caractère spirituel de Jérusalem fut renforcé pour les autres peuples qui apportaient des offrandes au Temple.

Le site web Akadem** précise : « C’est sous l’égide du roi Ezechias à la tête du Sanhédrin que furet compilés les ouvrages du prophète Isaïe, ainsi que les paroles du roi Salomon dont Michlé ou les Proverbes, Kohélet ou l’Ecclésiaste et Chir Hachirim (le Cantique des Cantiques), qui font partie du canon des Hagiographes, plus précisément du Tannakh. » Ainsi le Hallel , prière lue les jours de fête et le premier jour de chaque mois, a été rédigée par son assemblée, selon le traité du Talmud, Pessachim 94b. Le site web Akadem ajoute : « Le roi Hizkiyyah fait cacher le livre de la Guérison qui avait été légué de Sanhédrin en Sanhédrin depuis Noé. Sous son règne sont entrepris des travaux d’embellissement ainsi que des constructions de fortification et d’un aqueduc ; il n’y a pas eu pareil roi parmi tous les rois de Judée, ni avant lui, ni après lui » (Rois II 18,5).

Enfin, le roi mena un combat sur d’autres terrains, tel celui de Jérusalem physique, visant à « faire de Jérusalem une vaste ville-forte, capable de résister à un long siège et d’attendre avec confiance l’arrivée des troupes de débloquement. Il engagea des travaux de canalisation de la source Shilo, pour faire amener l’eau de la source de Guihon, située en dehors de Jérusalem » (Neher).
(1) Ḥizḳiyyah ou Hezechias (Ezechias) régna sur Juda de -727 à -698 avant JC selon l’Institut Bialik de Jérusalem (Biblical Encyclopedia)
*Histoire biblique du peuple d’Israël, André et Renée Neher, Adrien Maisonneuve Editeur, 1996
**Heinrich Graetz, Histoire bd es Juifs, 1874-76
*Akadem est une réalisation d’Akadem Multimedia, du FSJU pour la diffusion de la culture juive. www.fsju.org

Mise en ligne : 6 octobre 2014- Version 1- Israël Antique-Exil 6-116