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En lutte contre ses voisins, le peuple hébreu en reste séparé rituellement (8)

Josué doit affronter l'alliance des cinq rois des peuplades ou des cites-Etat de Canaan

Josué doit affronter l’alliance des cinq rois des peuplades ou des cités-Etat de Canaan

Après de bons débuts (prise et destruction de Jéricho, prise de Ai), la lutte se poursuit, les Hébreux poursuivant l’offensive.

Offensive vers le sud. Cinq rois du sud de Canaan marchèrent contre les Gabaonites pour les punir d’avoir fait la paix avec les Hébreux. Mais Josué, fidèle à sa parole leur vint en aide et les bâttit, aidé d’une grêle (miraculeuse) de pierres sur ses ennemis. Après être revenu à Guilgual, Josué occupe le sud de Quadesh Barnea au début du désert du Sinaï près de Gaza.

Au nord, des coalisés, sous l’impulsion de Yabin, roi de Haçor, réussissent à s’adjoindre des puissances du nord : les Hévéens, au pied du mont Hermon ; les Amorites de haute Syrie et les Hittites, puissance dominante. La coalition est impressionnante. La bataille se déroule au pied du Mont Hermon. Josué passe à l’offensive plus tôt que ne le prévoyaient les coalisés, qu’il bat à plate couture. Il poursuit ses ennemis dans toutes les directions. Heinrich Graetz, auteur de l’histoire des Juifs*, indique: « C’est ainsi que presque tout le pays de montagne, depuis la lisière de la grande plaine jusque prés de la ville qui fut plus tard Jérusalem, tomba au pouvoir des Israélites. Cette zone séparait les anciens habitants du nord de ceux du sud, de sorte qu’ils étaient hors d’état de se prêter mutuellement assistance. »  Remarque d’experts militaires israéliens** à partir du texte de la Bible: « Josué les traita comme Yahvé lui avait dit: il coupa les jarrets de leurs chevaux et livra leurs chars au feu » (Livre de Josué 11/5,7-9). La remarque est la suivante: « Ce récit est la première mention des chars de guerre. Ce précurseur du véhicule de combat de l’armée blindée moderne,l’une des principales armes introduites par les Hyksos au 18ème siècle avant JC ».

Trente et un rois avaient mordu la poussière suite aux attaques des Hébreux, après une offensive qui s’est étalée sur sept ans.

Cependant, indique André Neher***, « toutes ces campagnes constituent des raids éclairs d’intimidation plutôt qu’une conquête solide avec nettoyage systématique de l’ennemi. L’essentiel du pays est aux mains des Hébreux mais les Cananéens occupent encore de nombreux points : dans d’autres ils réapparaissent dès que l’armée de Josué n’est plus en vue (…) Une partie notable de Canaan échappe à l’emprise des Hébreux. C’est ce qui provoquera les troubles de l’époque de la judicature. Il faudra attendre le règne de Saul et surtout celui de David pour que la reconquête de Canaan soit définitivement achevée » (Histoire biblique du peuple d’Israël). Deux remarques sont nécessaires : l’une sociologique et l’autre historique.

Sociologique d’abord : On pourrait être tenté de voir dans ce peuple hébreu qu’une bande de misérables moines soldats déferlant sur Canaan pour ravir la terre à ceux qui la détiennent. Cependant, il est intéressant à cet égard de reprendre chez le sociologue Max Weber dans le Judaïsme antique (Editions Plon in sociologie des religions) : « Car qu’étaient donc les juifs, sociologiquement parlant ? Tout simplement un peuple paria, un peuple-hôte vivant dans un environnement étranger dont il est séparé rituellement, formellement ou effectivement. De cette condition dé), le dualisme qui caractérise sa morale, différente selon qu’elle est tournée vers son propre groupe ou vers l’extérieur ». Le peuple hébreu est alors animé d’une volonté de s’installer dans cette terre promise mais en restant séparé des peuples environnants.

Historique ensuite : Canaan est alors considérée comme une province égyptienne par l’Egypte et comme une terre convoitée et à conquérir par les différents royaumes du nord, notamment pour son double accès à la mer d’une part et vers l’Egypte d’autre part. Selon l’historien israélien H.H. Ben-Sassoon****, auteur  de « A history of the jewish people » (Harvard University Press), c’est “le déclin de la puissance de l’Egypte en Asie, suite à la désintégration de la 18ème dynastie dans la deuxième moitié du 14ème siècle, qui a facilité les incursions profondes de tribus nomades ou semi nomades de la frontière orientale dans la zone arable ».

* Histoire des Juifs d’Heinrich Graetz, en format numérique, 1874-76

**Les guerres bibliques de Chaim Herzog et Mordechai Guichon, éditions Carnot, 2004

***Histoire biblique d’Israël d’André et Renée Neher chez Adrien Maisonneuve Editeur, 1996

****A History of the Jewish people H.H. Ben Sasson Harvard University Press


Mise en ligne : 3 septembre 2014- Version 1- Israël Antique  1-8