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Victorieux d’Edom, Amazias, roi de Juda, se lance contre Israël mais perd la bataille (102)

Le prophète Amos s'adressant à Amazias, roi de Juda

Le prophète Amos s’adressant à Amazias, roi de Juda qui croit pouvoir reconquérir Israël, le royaume des dix tribus, simplement parce qu’il a réussi à défaire Edom

Avoir une même foi n’est pas une garantie de sagesse. « Joas (1), roi d’Israël, et Amazias, roi de Juda, étaient dévoués tous deux à la foi traditionnelle, écrit Heinrich Graetz*. Pourtant, Amazias (2) crut, après son succès militaire sur Édom, qu’il pouvait reconquérir le royaume d’Israël. Pire : selon Arthur Weil, auteur d’Histoire Sainte Illustrée**, « il rapporta d’Idumée des idoles auxquelles il rendit des hommages ». Graetz : « Pour se créer un prétexte, il fit demander à Joas la main de sa fille pour son fils: que Joas refusât, et c’était la guerre. » [frax09alpha]

Le roi d’Israël répondit : « Ta victoire sur Édom te rend présomptueux ; garde ta gloire et demeure chez toi ; pourquoi te jeter dans le malheur ? Tu ne pourrais que te perdre et avec toi perdre Juda. »

Mais Amazias présuma de ses forces, qui furent défaites par Joas à Beth-Schemesch, sur la frontière des deux royaumes. Heureusement pour lui, le roi d’Israël ne tenta pas de prendre l’avantage comme le précise Graetz : « Il se contenta de faire démolir les remparts du côté nord de Jérusalem, sur une longueur de 400 coudées (depuis la porte d’Éphraïm jusqu’à celle des Créneaux) et de frapper une contribution de guerre sur la ville, le palais et le temple. Il rendit son prisonnier à la liberté mais, par mesure de précaution, se fit donner des otages, qui répondirent de la non reconstruction des murs. » Selon Arthur Weil, il alla plus loin encore : «Il enleva l’or, l’argent, les vases du Temple et les trésors du roi puis retourna à Samarie. »  Cette situation déplaisait au peuple de Jérusalem.

Mais l’orgueilleux Amazias resta au pouvoir encore quinze ans. Ces grandes familles résolurent de recourir à un complot et Amazias fut tué. Comme l’écrit Graetz, « c’était le troisième roi de la race de David qui tombait sous le fer, le second qu’une conjuration renversait.  L’unique héritier du trône, Azarias (par abréviation Osias), n’avait que quatre à cinq ans, et, de tous côtés, le royaume était entouré d’ennemis. Les Iduméens, (…) soutenus par l’Égypte, comme au temps de Roboam, lui firent une guerre de revanche, pénétrèrent jusqu’à Jérusalem, toujours ouverte, répandirent des flots de sang et emmenèrent de nombreux captifs. » Dans cette situation d’infortune de Juda, ni  Israël, ni la Phénicie ne vinrent à son secours. Bientôt le peuple acclama le nouveau roi de Juda, Osias, alors âgé de seize ans, qui bénéficia d’un règne de près d’un demi siècle (805-755).

Pendant ce temps, le royaume d’Éphraïm (Israël) connut une ère de prospérité. Jéroboam II, arrière-petit-fils de Jéhu (qui régna de 830 à 769),  remporta des victoires contre les Araméens, encouragé par le prophète Jonas, fils d’Amitaï. Le territoire de Moab fut également conquis.

Il est probable selon Haïm Hillel Ben-Sassoon, auteur de « A history of the jewish people » qu’Amaziah dut partager le pouvoir avec son fils Uzziah, le corégent (Rois II 14,17). Après qu’il fut tué par des conspirateurs, le peuple de Juda intervint et couronna Uzziah (Azariah), selon Rois II 14,21 et Chroniques II, 26,1.

  • Joash régna sur Juda de -836 à -798 avant JC, selon l’institut Bialik de Jérusalem Biblical Encyclopedia)
  • Amazias régna sur Juda de -798 à -769 avant JC , selon l’Institut Bialik de Jérusalem (Biblical Encyclopedia)

*Heinrich Graetz Histoire des Juifs 1874-76

** Arthur Weil, Histoire Sainte d’Israël,  Bale, 1969

***Haïm Hillel Ben-Sassoon, « A history of the jewish people »

Mise en ligne : 17 septembre 2014- Version 1- Israël Antique  -Schisme- 5-102