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En réclamant un roi, le peuple met la « judicature » en crise (25)

Les tribus d'Israël sont divisées alors que les peuplades à l'intérieur et les pays voisins redoublent d'agressitivité.Carte de Wkipedia

Les tribus d’Israël sont divisées alors que les peuplades à l’intérieur et les pays voisins redoublent d’agressitivité.Carte de Wkipedia

 

Selon les historiens français André et René Neher (Histoire biblique du peuple d’Israël*), « la judicature est en crise » pour deux séries de raisons :

  • Les voisins d’Israël grandissent et Israël n’est pas ni un Etat uni avec les divisions entre les tribus, ni encore un Etat organisé. Le plus grand danger pour Israël et le plus immédiat, ce sont les Philistins : après avoir occupé toute la bande côtière de Gaza au sud à Tyr en Phénicie du fait de l’état de faiblesse de l’Egypte, ils veulent s’installer au-delà de leurs cinq villes : Ashdod, Ashkelon, Eqron, Gat et Gaza. Ils ont déjà obligé la tribu de Dan de s’expatrier au nord. Après une période de décadence liée à l’invasion des peuples de la mer et aux troubles avec Babylone, l’Assyrie est en pleine expansion avec l’avènement vers 1115 avant JC de Tiglat-Pilézer 1er. Celui-ci mène des campagnes victorieuses et « a vaincu 42 peuples » (selon l’historien André Neher). Arrivé à la mer Méditerranée, l’Assyrie fait peur aux pays de la région. La Phénicie, après avoir été en ruines du fait de l’invasion des Peuples de la Mer, reprend de ses forces et construit son « hégémonie commerciale » de façon pacifique. Mais une nouvelle puissance arrive dans la région, les Araméens : d’abord nomades, ils s’installent à Damas et Babylone. Ces bouleversements intérieurs et internationaux s’avèrent imprévisibles pour les Israélites. Et cette puissance ne peut être contrebalancée par celle de ‘Egypte qui, nous indique André Neher, est à l’époque (vers l’an 1000), en retrait, voire même en décadence sous les poussées des Peuples de la Mer : « Après la mort de Ménéphta (1224 avant JC), (…) Ramsès III redonne à l’Egypte un éclat mas un éclat factice (…) et l’Egypte sans y avoir jamais renoncé officiellement, cesse pratiquement pour plusieurs siècles de s’intéresser au sort de ses anciennes provinces asiatiques » indique l’historien André Neher, auteur de Histoire biblique du peuple d’Israël.
  • Arrivés en Canaan, les Israélites sont tombés sous l’influence des populations voisines. Après la longue transition d’une société pastorale et nomade à une vie sédentaire et agricole, « les piliers de la société sont de riches propriétaires, tels Boaz. » Le livre de Ruth montre une société où la Thora est intégrée à la vie quotidienne et à dominante agricole. Les Israélites affirment le besoin d’une organisation centralisée qui dépasse le cadre strict et étroit de la tribu. Leur attente et leur demande, c’est d’avoir un roi, comme tous les pays qui les entourent. La faiblesse du juge-prêtre Eli, la capture de l’Arche Sainte par les Philistins, laissent les Israélites tristement seuls : ils n’ont pas de Juge et ils n’ont plus de prêtre. Le petit fils d’Eli prend le nom d’Ikabod dont le sens est : « il n’y a plus de gloire. »
  • Selon André Neher (Histoire biblique du peuple d’Israël), « une attaque de Nahash, roi des Ammonites, est l’occasion qui incite les Anciens à demander officiellement à Samuel un roi, auquel ils devaient depuis longtemps déjà aspirer en silence… (Pourquoi ? « Nous voulons être nous aussi comme tous les autres peuples » est particulièrement scandaleuse. Le peuple hébreu choisi par Dieu a-t-il reçu la Thora pour être comme les autres ? » C’est dire que la crise couve entre le peuple hébreu et le juge prophète Samuel, qui se sent désavoué malgré ses prouesses.

 

*Histoire biblique d’Israël d’André et Renée Neher chez Adrien Maisonneuve Editeur, 1996

Mise en ligne : 4 septembre 2014- Version 1- Israël Antique – Juges  2-25