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Devenu roi de Juda, Ḥizḳiyyah restaure le Temple, impose la Thora et élimine l’idolâtrie (115)

 

Le roi Ḥizḳiyyah de Juda restaure le Temple et engage la codification de la Torah

Le roi Ḥizḳiyyah de Juda restaure le Temple et engage la codification de la Torah

Ḥizḳiyyah (Ezechias) (1) prend la succession de son père Achaz (2) à l’âge de 25 ans dans le royaume de Juda et quatre années avant que ne disparaisse le royaume d’Israël. Comme le souligne l’historien allemand Heinrich Graetz*, « Ḥizḳiyyah (Chiskiyahou) était tout l’opposé de son père. (…) Il prit la Thora pour guide, régla sur elle sa propre vie et celle de son peuple. Si jamais roi fut pour ses sujets un modèle et une lumière, ce fut Ézéchias. » L’avènement de ce roi a été entrevu par les prophètes Amos et Osée et il est considéré comme le digne successeur de David. Il fit rouvrir le Temple et demanda aux Lévites de sanctifier le Temple : « Consacrez-vous maintenant et reconsacrez la Maison de l’Eternel, le Dieu de vos ancêtres, faîtes sortir ce qui est souillé du sanctuaire » (Chroniques II, 29-5). Tenant compte des précédents du passé, « il leur rappelle que la mission lévitique n’est ni de contrecarrer, ni de servir docilement le pouvoir royal mais de veiller aux intérêts spirituels du peuple » (Neher**). Le premier jour, les Lévites entrent dans le Temple, le deuxième dans le sanctuaire, ils le purifient. Le seizième jour, ils se saisissent des idoles, des autels et de tous les objets impurs pour les jeter dans le torrent de Cédron. Toutes les images des faux dieux sont alors détruites. La dignité du sanctuaire est alors restaurée. Les Lévites se présentent devant le roi et lui annoncent que la Maison de l’Eternel est purifiée. Ḥizḳiyyah fait détruire le serpent d’airain, que Moïse dans le désert avait créé sur ordre divin pour guérir les Bene Israël. La raison ? Ceux-ci s’en servaient comme d’une idole et avaient brûlé des parfums devant lui, qu’on appelait Nehushtan, « la divinité serpent » (Chroniques II, 18-4). Le Talmud de Babylone (traité Berakhot 10a) indique que le serpent d’airain fut broyé.
L’historien français Neher** précise pour sa part: « La politique d’Ḥizḳiyyah fait retrouver au royaume de Juda un éclat religieux qu’il n’avait plus connu depuis longtemps : élimination de toute syncrèse, réforme sacerdotale, renouveau de la culture hébraïque, idéal d’unité nationale, universel et messianique ». Puis, poursuit Graetz, « il rendit un décret qui interdit de construire désormais aucun autel et de sacrifier, même à Jéhovah, sur les montagnes et les hauts lieux : quiconque éprouvait le besoin d’honorer Dieu devait se rendre au temple de Jérusalem. (…) Aux approches de la fête du printemps, il ordonna que l’agneau pascal, dont on avait jusque-là fait l’offrande sur les autels privés, ne fût plus sacrifié que dans le sanctuaire de Jérusalem. (Toutefois), il ne vint même pas à bout de bannir l’idolâtrie. Les grands conservèrent leurs statuettes d’or et d’argent et continuèrent à adorer l’oeuvre des mains de l’homme. Dans leurs jardins se maintinrent les statues d’Astarté (…) »
Le Temple se remit à fonctionner comme avant, au quotidien : sacrifices, chants, prélèvement de la dîme, etc. Le roi Ḥizḳiyyah franchit une nouvelle étape dans le retour aux sources religieuses hébraïques : il envoya dans tout Juda et Israël des messagers chargés de transmettre la bonne parole et d’inviter le peuple à venir à Jérusalem célébrer la Pâque. Ces messagers munis des lettres du roi parcouraient le pays, clamant, comme l’attestent les Chroniques II (20-6): «Engagez-vous envers l’Eternel, venez à son sanctuaire, qu’il a consacré pour toujours, et servez l’Eternel, votre Dieu, pour que son ardente colère se détourne de vous ». Les réactions étaient parfois diverses à ces actions nouvelles. Mais à la Pâque (décalé du 1er au 2ème mois de l’année), une foule immense vint à Jérusalem. Ḥizḳiyyah, nous apprend Neher, « décida en même temps d’inviter les Israélites du nord à venir en masse communier avec leurs frères à Jérusalem. , dont l’exemple ne s’était jamais rencontré avant le schisme, Ḥizḳiyyah fit remettre la célébration de la Paque au deuxième mois de l’année et non le premier, comme le prescrivait la Thora (…) Ce fut la dernière communion fraternelle entre les douze tribus hébraïques » (Neher). Pris dans le mouvement, le peuple détruisit ensuite autels et hauts lieux. Le Trésor du Temple était enfin placé dans des mains sûres.

(1) Ḥizḳiyyah ou Hezechias (Ezechias) régna 29 ans sur Juda de -727 à -698 avant JC selon l’Institut Bialik de Jérusalem (Biblical Encyclopedia)
(2) Achaz régna 16 ans sur Juda de -733 à -724 avant JC selon l’Institut Bialik de Jérusalem (Biblical Encyclopedia)
*Heinrich Graetz, Histoire des Juifs, 1874-76
**Histoire biblique du peuple d’Israël, André et Renée Neher, Adrien Maisonneuve Editeur , 1996
***Arthur Weil, Histoire Sainte Illustrée, Editions Victor Goldschmidt, Bâle, 1969
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Mise en ligne : 6 octobre 2014- Version 1- Israël Antique-Exil 6-115