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David dénombre le peuple, Dieu le punit par une famine (40)

Le roi David demande un recensement du peuple hébreu. Pour cette faute, Dieu le punit en infligeant la peste. Gravure de Gustave Doré

Le roi David demande un recensement du peuple hébreu. Pour cette faute, Dieu le punit en infligeant au pays la peste. Gravure de Gustave Doré

 

L’Eternel avait donné au roi David la victoire sur les peuplades. Alors le roi, peut-être animé par une réaction d’orgueil, voulu dénombrer le peuple. Ce dénombrement, il l’ordonne à son chef militaire, Joab, au départ réticent mais qui s’exécute. Et le roi apprend ainsi qu’en Juda, il y a 500.000 hommes capables de porter les armes et 800.000 dans les autres tribus. Arthur Weil dans son Histoire sainte illustrée*, nous indique l’effet de la faute du roi David : « Pour le punir de son orgueil, l’Eternel lui envoya le prophète Gad, qui lui dit : Choisis entre ces trois fléaux : ou sept ans de famine, ou trois mois où David est la proie de ses ennemis, ou trois jours de mortalité. David, saisi de remords, répondit : « je suis plein d’angoisse mais j’aime mieux tomber entre les mains de l’Eternel dont la miséricorde est infinie qu’entre les mains des hommes. Il choisit la mortalité et une peste ravagea le pays. Quand David vit ainsi mourir son peuple, il se prosterna la face contre terre et invoqua l’Eternel : « Dieu de miséricorde, c’est moi qui suis coupable ; qu’a fait ce pauvre troupeau ? Que ta main s’appesantisse sur moi et sur ma famille mais pas sur ce peuple. »

On voit que la relation préférentielle entre l’Eternel et David passe parfois par des bas et que Dieu lui inflige aussi des punitions comme un maître à son élève. L’historien allemand Graetz** écrit : « La conscience de David, en tant que juge, fut mise un jour à une pénible épreuve. Une famine persistante désolait le pays, où il n’avait pas plu deux années consécutives. La pluie ayant encore manqué au printemps de la troisième année, la détresse arriva à son comble, et le peuple implora le roi pour obtenir assistance. On voyait, dans cette effroyable calamité, un châtiment envoyé de Dieu pour quelque crime caché et demeuré impuni. David consulta à ce sujet le grand prêtre Abiathar, et l’oracle divin répondit : C’est à cause de Saül, de la persécution sanglante qu’il a exercée sur les Gabaonites. Là-dessus, David manda auprès de lui les Gabaonites survivants et leur demanda quelle réparation ils exigeaient. Mais ce n’était pas de l’argent qu’il leur fallait, c’étaient des victimes expiatoires, et ils réclamèrent l’exécution de sept descendants de Saül. Or, en les épargnant, David aurait irrité le peuple, qui l’aurait accusé de prolonger le malheur du pays par ce déni de satisfaction ; mais, d’autre part, il s’exposait au soupçon de vouloir, par esprit de vengeance ou par d’autres motifs intéressés, exterminer la postérité de Saül. Il lui fallut donc, la mort dans l’âme, obéir au voeu cruel des Gabaonites. Les deux fils que Saül avait eus de sa concubine Rispa et les petits-fils que lui avait donnés sa fille Merab furent recherchés et livrés aux Gabaonites, qui les pendirent de leurs propres mains à Ghibeath-Saül, dans la ville même où leur père avait porté la couronne. David n’épargna que le fils de Jonathan, Mephisoseth, respectant ainsi le serment qu’il avait fait à son ami de protéger toujours ses descendants. Les cadavres des sept victimes devaient rester attachés au gibet jusqu’à ce que le ciel envoyât la pluie ; mais elle tarda longtemps à venir. »

 

*Arthur Weil dans son Histoire sainte illustrée, 1969

**Histoire des Juifs d’Heinrich Graetz, 1874-76

 

Mise en ligne : 9 septembre 2014- Version 1- Israël Antique-David-  3-40