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Dans Juda, la fidélité à la Thora se maintient (80)

Dans Juda, la fidélité à la Thora se maintient (80)

Alors que le royaume d’Israël s’enfonce dans l’idolâtrie, Jéroboam reste sourd « aux avertissements des prophètes Elie, Elisée et Amos » indique l’historienne française Marianne Picard*. Selon Neher, « le royaume de Juda maintient sans modification notables, la religion de la Thora est bien soutenue par le clergé lévitique du Temple de Jérusalem. » Pourtant, les cultes idolâtres se poursuivent et Astart

L'idolâtrie dans le royaume d'Israël, la fidélité à la Torah à Juda

L’idolâtrie dans le royaume d’Israël, la fidélité à la Torah dans le royaume de Juda

ée a ses adeptes parmi les femmes judéennes. La famille de Roboam même cède à l’idolâtrie. « Sa femme Maacha, fille ou petite-fille d’Absalon, s’était attachée aux rites licencieux du culte cananéen ; il lui laissa ériger dans son palais une statue d’Astarté, entretenir des prêtresses pour la servir, faire fabriquer même un objet encore plus honteux, que les textes qualifient d’abominable (Miphlézel) et dont la signification précise s’est heureusement perdue.» Mais progressivement, les cultes étrangers sont chassés de la ville sainte.
Graetz** nous apprend que « Les dix-sept années du règne de Roboam se passèrent sans gloire (977-961) comme son époque. Son fils Abiam ne s’illustra pas davantage pendant un règne de trois ans (960-958), que remplirent également de stériles expéditions contre Jéroboam. Comme son père, il ferma les yeux sur les désordres de Maacha. Mort jeune et sans laisser d’enfants, il eut pour successeur son frère Asa (957-918), jeune aussi, de sorte que le pouvoir tomba d’abord aux mains de la reine mère. Celle-ci en profita ou tenta d’en profiter pour donner plus d’extension à son culte lascif. » Neher nous informe que le roi Roboam ébaucha une réforme du culte, une purification du Temple de Jérusalem. Il ajoute : « Après trois années de renouveau spirituel, on reprit les habitudes salomoniennes. L’influence de la reine-mère y était peut-être pour quelque chose. Naama, la mère de Roboam, était Ammonite, l’une de ces femmes donc, qui avaient obtenu de Salomon le privilège du culte d’Astarté à Jérusalem. Cependant, le fléchissement ne fut pas catastrophique. »

Pour autant cette division religieuse est gênante pour les personnages les plus religieuses. Neher écrit : « Les prophètes, qu’ils apparaissent en Juda ou Israël, s’élèvent uniformément contre la psychose de sécession et profitent de toutes les occasions pour rappeler l’unité fondamentale des deux peuples et leur fraternité indissoluble. La première offensive de Roboam contre Jéroboam est arrêtée par le prophète Shemayahou. Son message bref et incisif fit une profonde impression sur l’armée judéenne, déjà prête au combat, et la décida de retourner à Jérusalem. » Mais la division ne paie pas : Le royaume du Nord sera détruit en -722 par les Assyriens, celui du Sud en -586 par Nabuchodonosor qui brûlera le Temple.

* Marianne Picard, Juifs et judaïsme tome 2, 1998
**Histoire des Juifs d’Heinrich Graetz, 1874-76

*** Histoire biblique du peuple d’Israël d’André et Renée Neher chez Adrien Maisonneuve Editeur, 1996
Mise en ligne : 7 septembre 2014- Version 1- Israël Antique – Le schisme 5-80