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Après le schisme, Juda se résigne et Israël sombre dans le régicide (86)

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Le royaume de Juda se retrouve donc sans les dix tribus du nord, qui pour une part ont sombré dans l’idolâtrie. Les cultes caltes cananéens n’ont pas disparu non plus de Juda. L’historien allemand Heinrich Graetz* l’expose: « A défaut de la sollicitude royale, le temple et l’affluence des Lévites d’Israël arrêtèrent la décadence (…) les infractions au culte antique restaient individuelles et ne franchissaient pas le cercle des femmes de la cour. Salomon avait toléré les autels de ses femmes païennes, Roboam ne se croyait pas obligé d’être plus sévère. Sa femme Maacha, fille ou petite-fille d’Absalon, s’était attachée aux rites licencieux du culte cananéen. (…) Les dix-sept années du règne de Roboam se passèrent sans gloire (977-961), comme son époque. Son fils Abiam ne s’illustra pas davantage pendant un règne de trois ans, que remplirent également de stériles expéditions contre Jéroboam. (…) Mort jeune (…), il eut pour successeur son frère Asa, jeune aussi, de sorte que le pouvoir tomba d’abord aux mains de la reine mère. »

Pour l’historien français Neher, il ne faut pas dramatiser : « Ce fléchissement ne fut pas catastrophique (malgré) les menaces pathétiques du prophète Shemayahou : « Voici ce que dit l’Eternel : Vous m’avez abandonné et Moi aussi je vous abandonnerai… » Asa (1) va gouverner Juda pendant 41 ans. Il réussira « à endiguer la menace égyptienne » (André Neher, Histoire biblique du peuple d’Israël) qu’il bloque à Marésha au sud de Jérusalem. Mais toujours selon Neher, il semble que le pharaon ait aussi pris des villes d’Israël (selon l’inscription figurant sur une pierre de Méguiddo). Mais l’égyptien arrêta net son offensive car l’Ethiopie avait envahi son pays.  Diplomatiquement, Asa s’appuya au nord sur le royaume d’Aram, malgré l’opposition du prophète Hanani à cette alliance. Il destitue la reine mère Maacha, « qui continuait à offrir des étoffes précieuses à la statue d’Astarté » (Neher) mais lui-même n’est pas tout blanc ! Il est accusé de recourir à des guérisseurs pour sa maladie des jambes.

En Israël, régicide et guerre civile

Selon Jewish Encyclopedia***, « en raison de la faiblesse de Nadab, le fils successeur de Jéroboam, premier roi d’Israël, Baasha, fils d’Achija s’empara du trône par le meurtre de son maître.  Le complot eut lieu à Gibetthon sur la frontière occidentale. La présence et l’approbation apparente de l’armée indiquent que Baasha, comme Omri plus tard, semble avoir été un chef militaire. Sa carrière ultérieure confirme cette conclusion. Comme beaucoup de chefs militaires, il semble avoir été tiré de l’anonymat, comme le laissent entendre les mots de Jéhu : « Je t’ai tiré de la poussière et t’ai fait prince sur mon peuple Israël » (Rois I, 26,2). Il révéla sa nature cruelle dans l’extermination complète de  mla  maison  de Jéroboam, lui-même patriote loyal. Il mena une guerre prolongée contre Asa de Juda. Son but semble ne pas avoir été la conquête complète de Juda, mais le blocus et le pillage de ses villes du Nord. À cette fin, il construisit un fort à Rama et réussit si bien qu’Asa eut recours à l’expédient dangereux de faire appel à l’ennemi commun, Ben Hadad de Damas (RoisI 15, 17-20). Le roi araméen saisit cette occasion pour rompre son traité avec Baasha et envahir Israël, son territoire du Nord et annexer plusieurs villes. Baasha est défait par son puissant voisin du Nord (…). Asa de Juda utilisa les matériaux de ce fort abandonné pour la fortification de ses propres villes de frontière, Guéba et Mitspa. » Graetz précise : « La mort de Nadab (3) ouvre dans le royaume d’Israël cette suite de régicides qui fut une des causes de la désorganisation de cet État. Après avoir accompli son crime, Baasha prit possession du trône (954-953), en conservant Thirza pour capitale, en raison de sa position centrale et de ses fortifications. (…) Il arracha le pouvoir à sa mère, supprima son culte d’Astarté en chassant ses prêtresses, et brûla dans la vallée du Cédron l’obscène image qu’elle avait offerte à l’adoration publique. »

Selon Neher, Baasha, de la tribu d’Issachar, eut un règne en Israël de 24 ans. Il laissa la religion aux prêtres et misa sur le militaire. Mais il subit sur ce terrain de cuisants échecs face au judéen Asa, habile allié d’Aram. Mais cette alliance et le recours d’Asa à des guérisseurs suscitèrent l’opposition du prophète Hanani qui, de ce fait, fut jeté en prison. Le royaume d’Israël ressort épuisé avec au sud, la ligne Asa de fortifications et à l’est le puissant empire d’Aram. Baasha cède la place à son fils Ela, qui meurt deux ans après, assassiné par un officier, Zimri.

(1) Abya régna sur Juda de -960 à -958 avant JC selon l’Institut Bialik de Jérusalem (Biblical Encyclopedia)

(2) Asa régna sur Juda -957 à -918 avant JC selon l’Institut Bialik de Jérusalem (Biblical Encyclopedia)

(3) Baasha régna sur Israël de -906 à -883 avant JC selon l’Institut Bialik de Jérusalem (Biblical Encyclopedia)

*Heinrich Graetz Histoire des Juifs 1874-76

*Histoire biblique du peuple d’Israël, André et Renée Neher, Adrien Maisonneuve Editeur

*** Traduction libre à partir d’un article de Jewish Encyclopedia figurant à l’adresse  http://www.jewishencyclopedia.com/articles/2270-baasha    Jewish Encyclopedia est éditée par l’Institut de Théologie de Philadelphie, USA

 

Mise en ligne : 17 septembre 2014- Version 1- Israël Antique  5-86