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Ḥizḳiyyah de Juda refuse le tribut annuel à Sennachérib, roi d’Assyrie qui assiège Jérusalem (117)

Devant l'afflux à Jérusalem de réfugiés du pays, le roi Hizzkiah fait construire un tunnel, appelé le tunnel de Siloé, donnant accès à des sources d'eau

Devant l’afflux à Jérusalem de réfugiés du pays, le roi Hizzkiyyah fait construire un tunnel, appelé le tunnel de Siloé, donnant accès à des sources d’eau

Comme on le lit dans les écritures, « l’Eternel fut avec Ḥizḳiyyah qui réussit dans toutes ses entreprises. Il se révolta contre le roi d’Assyrie et ne lui fut plus asservi. Il porta des coups aux Philistins jusqu’à Gaza et dévasta leur territoire, aussi bien les simples tours de garde que les villes fortifiées. » (Rois II 18:6-9 20). Comment réagit la puissance de l’Est face à cette révolte d’un pays vassal à un pays suzerain ?

Par deux attaques successives : après avoir détruit le royaume d’Israël à la 4ème année du règne d’Ḥizḳiyyah (1), assiégé Samarie trois ans durant, Shalmaneser avait emmené en captivité sa population. Après cette première victoire, dix ans après, son successeur Sennachérib revient à la charge et envahit le royaume de Juda dont il prend les villes fortes. Pour amadouer le roi assyrien, Ḥizḳiyyah crut bon de lui donner tout l’argent du Temple. « Il se vit obligé de dépouiller les portes et les poteaux du Temple qu’il avait fait mettre lui-même », nous indique Arthur Weil (Histoire Sainte Illustré**).
Puis peu à peu, Ḥizḳiyyah reprend courage et organise la résistance. Il réunit ses soldats et bouche les sources d’eau de l’extérieur de la ville, comme le racontent les Chroniques II -32-2, probablement pour assoiffer les envahisseurs. Il répare toutes les brèches de la muraille. Il édifie des tours, fortifie l’armement des soldats, qui sont désormais équipés de lances et de boucliers. Cela va encore plus loin selon l’historien allemand Heinrich Graetz, auteur d’Histoire des Juifs* : « L’ancienne ligne fortifiée de la ville de David (Sion) et la ville basse (Millô) furent couvertes par la construction d’une nouvelle enceinte, sur laquelle s’élevèrent des tours. Le lac Supérieur, qu’alimentait une source (Ghihon), fut couvert de maçonnerie et l’eau amenée dans la ville par un canal souterrain. L’autre aqueduc, au sud de la place, fut comblé et les sources bouchées, pour couper l’eau à l’ennemi et parer au danger d’un long siège. »

Ḥizḳiyyah a désormais gagné la confiance du peuple. Il harangue son armée: « Fortifiez-vous et soyez pleins de courage! N’ayez pas peur et ne vous laissez pas effrayer face au roi d’Assyrie et à toute la foule qui est avec lui, car avec nous il y a plus qu’avec lui. Avec lui il y a un bras de chair, tandis qu’avec nous il y a l’Eternel, notre Dieu, qui nous aidera et qui combattra pour nous » (Chroniques II, 32:7-8).

Les Assyriens apprirent la nouvelle de la sédition de Juda alors qu’ils étaient occupés par une autre menace, venue du sud de l’Egypte, selon Heinrich Graetz : « Tirhaka, le roi éthiopien d’Égypte, se portait à la rencontre des Assyriens avec une puissante armée. Sennachérib, à cette nouvelle, abandonna ses positions et, rassemblant ses troupes dispersées, descendit vers le sud jusqu’à la frontière d’Égypte, où il mit le siège devant Péluse (Pelusium). »

Un représentant de la puissance assyrienne prit la parole à l’adresse de la population et des troupes jérusalémites. Rabsacès (Rabschaké) parla au nom de Sennachérib et s’adressa directement au peuple par-dessus son souverain, Ezechias : « Sur quoi repose votre confiance, pour que vous restiez à Jérusalem dans la détresse ? Ézéchias (Ḥizḳiyyah) ne vous abuse-t-il pas pour vous livrer à la mort par la famine et par la soif, quand il dit : L’Éternel, notre Dieu, nous sauvera de la main du roi d’Assyrie ? » (Chroniques II 32:10). Il parla ainsi aux Jérusalémites dans leur langue en hébreu pour que le peuple comprenne et se détourne d’Ezechias, que les Assyriens accusent d’affamer le peuple et de tromper. Mais son ton était plein arrogance et de mépris pour la religion hébraïque. « Comment veux-tu me résister, toi qui ne pourrait pas fournir deux mille cavaliers même si je te fournissais deux mille chevaux ? Votre Dieu lui-même ne saurait vous sauver pas plus que les autres dieux n’ont sauvé les nations que nous avons subjuguées » (Arthur Weil).

Dignes, ni le roi Ḥizḳiyyah, ni le prophète Isaïe, ni même le peuple ne lui répondirent. Tous prient. Moments pathétiques. Que se passa-t-il exactement ? Graetz : « Ézéchias ordonna un jeûne et des prières dans le Temple, et lui-même, en vêtements de deuil, se rendit dans le sanctuaire. » Une nation et son chef sont suspendus à la décision du ciel.

(1) Ḥizḳiyyah ou Hezechias régna sur Juda de -727 à -698 avant JC selon l’Institut Bialik de Jérusalem (Biblical Encyclopedia)
*Heinrich Graetz, Histoire des Juifs, 1874-76
**Arthur Weil, Histoire Sainte Illustrée, Editions Victor Goldschmidt, Bâle, 1969
Mise en ligne : 6 octobre 2014- Version 1- Israël Antique-Exil 6-117